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Témoignage Du marathon Asbac 2009


Par Farid Younsi

Ce vendredi 29 mai avait été retenu pour la course du marathon du BAC (marathon du Dr Oussedik) depuis déjà plusieurs mois ; cette compétition en était à sa quatrième édition.
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Comme chaque année, cette course, une des dernières de la saison pour notre association, est surtout l’occasion de regrouper l’ensemble des adhérents du BAC auxquels se joignent d’autres sportifs externes à notre association. C’est aussi l’occasion d’un moment fort de convivialité, aussi bien pour ceux qui ont préparé le plus sérieusement l’épreuve que pour ceux qui viennent, sans préparation spécifique, à cette distance mythique ; c’est enfin un moment de dévouement pour les organisateurs et les encadreurs qui se mettent au service des concurrents pour leur apporter assistance, encouragement, ravitaillement et veiller au bon déroulement de la course.

Prévu à 6 h 00 à partir du stade du 5-juillet, le départ a été donné à 6 h 25 pour permettre aux retardataires de rejoindre toute la caravane. L’ambiance était bon enfant et le nombre de participants important (une centaine environ) ; la logistique était également au rendez-vous : les kits de ravitaillement avaient été soigneusement préparés la veille pour installer tous les 5 kms le long du parcours des « tables » où seraient servis eau, sucre, fruits secs et fruits frais.
Chaque point de ravitaillement était attribué à deux ou trois bénévoles qui devaient s’y installer avant l’arrivée de la tête de la course ; et, comme à chaque course, cette petite équipe était renforcés par tous les bénévoles de la caravane du BAC qui progressent le long du parcours en fonction de l’avancée des concurrents.

Notre compétition avait, bien entendu, obtenu les autorisations nécessaires des autorités et la sécurisation du parcours était assurée par la gendarmerie et la protection civile.

J’étais installé au point de ravitaillement PK15 en compagnie de Hakim et de Youcef. Environ 55’ après le départ, le premier concurrent, Liès, franchit notre point de ravitaillement avec une foulée régulière et une prestance époustouflante ; il était sur un temps de moins 3 heures, peut-être moins de 2 h 45’ ! Peu de temps après, un petit groupe suivait, où j’ai reconnu entre autres Zouhir et Toufik (que ceux dont j’ai oublié les noms ne m’en tiennent pas rigueur) ; là aussi, l’objectif d’un bon chrono ne faisait pas de doute, et on n’était pas là pour une promenade. Pas le temps de s’arrêter au « stand » de ravitaillement, tout juste récupérer presque à la volée une ration d’eau ou de fruit !

Au fur et à mesure que le temps passait, les concurrents arrivaient par petits paquets avec une vitesse de moins en moins rapide. Nous pouvions mieux assister nos amis pour les ravitailler. Le dernier passage s’est produit environ 1 h 45 après le départ, suivi par le « véhicule balai », celui de la protection civile.

Ce qui aurait dû être une fête dont le point d’orgue aurait été le regroupement de tous au Centre de plongée et de pêche aux moules, à Bérard, s’est arrêté net aux confins de la wilaya d’Alger et à l’entrée de celle de Tipaza, à Fouka. Malheureusement, à partir de là, les autorités ne nous… autorisaient plus d’aller plus loin : c’est alors la consternation ! Pour tous : d’abord les coureurs, surtout ceux qui s’étaient préparés avec intensité à cette course et qui escomptaient se surpasser pour relever un nouveau défi ; pour aussi tous ceux qui accompagnaient ces concurrents, qui avaient donné de leur temps et de leur enthousiasme pour montrer que l’on pouvait avec si peu de choses faire beaucoup.DSC06993

Il est regrettable que des sportifs soient stoppés net, ainsi, sans égards, alors qu’ils participaient à une épreuve sportive, sans autre ambition que de mesurer leur capacité à se surpasser, pour le plaisir du sport et de la performance. C’est une véritable frustration, alors que certains s’y étaient préparés depuis plusieurs semaines. Ils n’ont rien demandé, ni argent, ni prise en charge, ni logistique. Ils voulaient qu’on les laisse seulement courir sur l’accotement d’une route, comme certains y marchent, ou stationnent.

Quelle plus belle image que des sportifs amateurs courir 42,195 km à pied, pour le plaisir, par une belle journée de printemps ! Cette ébauche d’image n’aura malheureusement pas pu être achevée jusqu’à son terme ce jour-là.

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