
17 |
Vélopéde! | Saida
Younsi |
16 |
Challenge 20 km 2007 | Farid
Younsi |
15 |
Challenge 20 km 12 janvier 2007 | Saida
Younsi |
14 |
Cherchell ville Antique! | Saida
Younsi |
13 |
Repas convivial | Saida
Younsi |
12 |
Journée du Sida | Saida
Younsi |
11 |
Course de l'amitié Algero-Française | Saida
Younsi |
10 |
Triathon 2006 | Saida
Younsi |
9 |
Et enfin le marathon ! | Rachid
Fraoui |
8 |
Le Marathon des Gnous |
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7 |
Une journée de bonheur au lac Goulmine ! |
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Les Gnous à Paris |
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Triathlon 2005 |
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Le bonheur d'un jour de triathlon 2004! |
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3 |
Le triathlon pour la première fois ! |
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Le semi-marathon d’Alger du 3 Juin 2004 |
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1 |
Du sable dans le nez |
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Une journée de bonheur au lac Goulmine !
Ce premier mai, comme chacun a pu le constater était une journée radieuse. Le soleil nous souriait depuis le matin. La nature, si belle en cette saison nous invitait. Le troupeau de gnous auquel j'appartiens ne s'est pas fait prier pour aller gambader dans le djurdjura. C'est à neuf heures que nous avons démarré, nos sacs chargés de victuailles à grimper sur le chemin escarpé et caillouteux qui devait nous mener au lac. C'est aussi ce chemin qui est emprunté par les troupeaux (les vrais) et celui qui mène vers Talaguilef. Le site est magnifique. Des montagnes rocheuses, très abruptes surplombant des ravins. Autour de nous des cèdres bien verts et à perte de vue des montagnes qui se succèdent par vagues. Sous un beau soleil, une brise légère nous avons cheminé, en admirant et en parlant. Après deux heures et demie de marche au décours d'un chemin, nous découvrons une verte prairie, au milieu de laquelle un lac. Cette prairie est cernée par des montagnes, de la roche nue. Surprise : un bruit incessant. Ce sont les rainettes qui colonisent la prairie qui croassent sans discontinuer. Des jeunes, venus des lointains villages alentours jouent au ballon. C'est là, que nous allons déjeuner. Ce paysage magnifique impose le silence. Une vache a les pieds dans l'eau et nous observe investir le site. Un cavalier s'en vient au galop dans sa direction, alors qu'un chien, oreilles au vent s'en vient derrière le cheval. Après notre déjeuner, certains se sont assoupis, d'autres par petits groupes discutaient, nous avons repris le chemin des voitures.
Après avoir fait 20 kilomètres à pieds dans cette nature luxuriante, fait le plein de couleurs et de soleil, nous sommes retournés à nos voiture pour rejoindre nos maisons. Nous sommes revenus, l'esprit chargé d'images ! celles-là même qui contribuent à notre sérénité et grâce auxquelles notre bonheur se construit.
SAIDA YOUNSI
L’excitation pour ce marathon remonte à bien longtemps. Les gnous avec lesquelles je m’entraîne toute l’année à Boucha oui, cette petite forêt près d’Alger étaient nombreux à se dire qu’ils le feraient quand, de retour de Paris en 2005 je leur en ai parlé.Certains ont pris la précaution de s’inscrire pour Paris assez à l’avance mais d’autres comme Chakib a trop attendu, et lorsque enfin il se décide le nombre de 35000 concurrents était atteint. Comme nous sommes toujours optimistes il est convenu qu’il continue de se préparer aussi bien psychologiquement que physiquement et que parallèlement nous soyons à l’affût d’une possibilité d’inscription. Quant à Krimo, très impressionné par le marathon il charge un de ses amis de l’inscrire au semi de Paris. Erreur de manipulation et le voila inscrit au marathon. Comme c’est superbe nous sommes 5 inscrits, un autre en attente et ma cousine que je n’ai pas vue depuis plus de dix ans et qui habite Toulouse y est inscrite aussi. Parmi ces personnes, finalement je suis celle qui a à son actif déjà deux participation à Paris. Chakib, lui a déjà fait le marathon de New York mais dans de très mauvaises conditions. Il était blessé et ne l’a terminé que parce qu’il a fait le déplacement. Maintenant et depuis que je le connais, il est en super forme et court d’ailleurs très bien. C’est ainsi que Michèle, Elbie, Krimo, M’hamed, Chakib et moi à partir d’Alger et Meryem à partir de Toulouse sommes engagés sur la même galère. Quelle belle galère ! le 30ème marathon de Paris.
Avec notre club, dans cette petite forêt de Bouchaoui, le troupeau de gnous auquel nous appartenons, toute l’année nous nous entraînons trois fois par semaine. L’entraînement du vendredi matin, qui correspond à notre week-end est plus long. Il nous permet de courir en endurance et aller voir d’autres circuits. Jusqu’au mois de janvier nous avons suivi le programme de notre club, y compris les compétition que nous organisons entre nous tels qu’un 10 km et un 15 km.
Les programmes, nous les avions mais les suivre était assez difficile. Cependant 8 semaines avant le jour J nous nous sommes promis de tenter de s’en approcher le plus possible et de faire nos sorties longues ensemble, le vendredi. D’ailleurs plusieurs autres membres du club se sont joints à nous pour cela. Au-delà de la préparation en elle même ce sont ces moments de partage qui sont fantastiques, extraordinaires. Nous avons fait des 2 heures, 2 heures 15, 2 heures 30 et même 3 heures. Cela à travers la campagnes, nous sommes allés vers des endroits nouveaux, en côte, en descente mais toujours dans la rigolade, et surtout en chantant. Cette ambiance c’est celle que je préfère à tout le reste…
Plus le moment du départ approchais, plus de questions plus de calculs plus de peur, celle qui fait du bien !
Chakib et Michele avaient l’espoir et surtout la forme pour faire le marathon en 3heures 30. M’hamed et moi étions inscrits pour 3 heures 45. J’avais le secret espoir de mettre 3 heures50. Krimo s’est posé la question jusqu’au bout et n’a cessé jusqu’au 9 Avril de me demander si je pensais qu’il pourrait le terminer. J’ignorais, jusqu’à une semaine de mon voyage vers Paris qu’Elbie allait faire le marathon. Je pense qu’elle aussi avait de grandes appréhensions.
Ces moments de discussions étaient fabuleux et souvent ils me disaient tous que j’avais l’expérience donc que je devais être plus sereine qu’eux. Mais non, moi aussi j’avais le ventre noué. C’est vrai le parcours maintenant je le connaissais mais c’est ainsi !
Environ trois semaines avant le 9 Avril notre club a organisé le 15 km de la saison. Bien sur nous y avons participé et M’Hamed a commis l’erreur fatale de tenter de donner le meilleur de lui-même. Au bout de 5 km il était out et son marathon du 9 Avril compromis. Par la suite il s’en est consolé un peu parce qu’il est devenu grand-père et au lieu d’aller courir à Paris, il est aller voir ses petits enfants.
Le reste de la troupe a pris son envol pour Paris séparément, chacun en fonction de ses occupations. Notre rendez-vous à Paris était fixé pour le 7 Avril au hall des expositions à 16 heures pour le retrait des dossards. L’émotion est ravivée quand à 16 heures exactement je retrouve mes potes. Nous avons passé tout l’après midi à nous retrouver, à calculer, à nous émouvoir, à rire. Les photos exposées dans le hall des expo nous ont fait rire et même en dedans dans mes tripes j’ai ressenti ce que pouvaient ressentir les personnes sur les photos… C’est dire que mon cœur tambourinait bien fort… En fin de soirée, nos familles nous ont rejoints pour un dîner. Et vers 23heures 30 nous nous quittons. Il n’y a que moi qui souhaite faire la course du petit-déjeuner. Je réussis quand même à y entraîner mon frère Abder . Avec mes amis, nous nous donnons rendez-vous dimanche à 8 hures, au point rencontre vers la lettre S. Je ne sais pourquoi j’ai désigné cette lettre et tout le monde m’a dit c’est S pour Saida. Je ne sais pas. Et puis tant pis !
Meryem, je ne l’ai retrouvé que le samedi en fin d’après-midi au point rencontre. Quel bonheur de nous retrouver et surtout de partager cette épreuve. Pour elle aussi c’est son premier marathon et qui dit premier dit toutes les appréhensions et les bonheurs qui vont avec. Nous avons marché ensemble dans les rues de Paris avant de nous séparer vers 19 heures. Rendez-vous pris pour le lendemain à 8 heures. Que d’émotions vives ! Le lendemain sera un grand jour.
DIMANCHE 9 ARIL, 8HEURES DU MATIN, point rencontre S.
Tout le monde y est sauf Michèle et Elbie. Il est pourtant l’heure d’aller nous placer. En petites foulées après avoir déposé nos affaires aux vestiaires, nous allons au départ. Nous accompagnons tous Chakib vers les ballons bleus et pour nous encourager mutuellement nous restons tous avec lui. Bouches sèches, envie de faire pipi, je tiens Meryem un petit moment par la main. Nos plaisanteries habituelles avec Chakib et Krimo. La tension est forte… Et, c’est le compte à rebours… La machine s’ébranle. Meryem parle peu, Chakib disparaît très vite et c’est aussi bien pour lui. Krimo au contraire ne cesse de parler, je le retiens même parce qu’il se laisserait facilement entraîner par la foulée des autres. A trois nous avons fait les trois premiers kilomètres, puis Meryem étant treès concentrée et un peu en retrait je me suis dit que peut-être nous la gênions. Je sais que c’est une grande sportive et une battante. Elle terminera. Je m’en vais avec Krimo à mes cotés. Il parle beaucoup, il réclame même des chansons, vraiment comme à l’entraînement. Je n’ai pas envie de parler. Je veux essayer de terminer en 3 heures 50. Au bois de Vincennes, je laisse Krimo derrière. J’ai beau regarder devant nulle part je ne vois Michèle.
Un coureur m’aborde par mon prénom ! tiens, mais j’avais oublié que dans mon dos sur une bande autocollante mon prénom est inscrit. Il me dit quelques mots sur mon rythme si régulier et me demande même d’où je viens. Je crois que je l’ai surprise en lui disant que je venais d’Alger. Ensuite il a fait quelques foulées pour me devancer et j’aperçois sur son débardeur « granulocyte ». Ca me fait l’espace d’un instant penser à mon travail. Il se retourne pour voir mon visage enfoui sous ma casquette. Et hop nous nous donnons rendez-vous à l’arrivée. Bien sur je ne lui ai pas donné l’occasion de passer devant. J’ai trouvé sympa le long du parcours les spectateurs qui appelaient les gens par leur prénom. Ca redonne toujours de l’énergie et quel bien fou. Quel plaisir de courir dans les rues de Paris. J’étais certaine que je devais voir des visages connus. Sur un bord de trottoir j’ai reconnu le fils d’Elbie. Et vers le semi, vraiment j’avais les yeux par terre. Puis en relevant la tête, mon regard en croise un autre ! Quel joie, mon frère. Je me suis rabattue vers la droite de la chaussée pour m’approcher de lui. Il se met à courir à coté de moi en me demandant de mes nouvelles et celles des autres. Comme ça fait du bien de voir un visage connu. Je me sens des ailes. Abder me devance un peu pour me photographier puis je l’entends dire qu’il reste un peu là dans l’espoir de voir Krimo et Meryem. Ma course continue, dans ces rues que je connais maintenant. Ce que j’appréhende le plus c’est ce tunnel dans lequel on étouffe et qui est si noir. Dedans j’ai toujours le vertige ! je n’aime pas trop. Je me remets à penser à un film que j’avais vu à Alger il y a fort longtemps. Je ne me souviens plus du tout du film mais ce qui m’avait marquée déjà à l’époque, j’étais adolescente, c’est son titre : « la solitude du coureur de fond ». C’est exactement cela. Seule au milieu de ces personnes qui vous regardent. Il y en a qui me semblent tristes, je leur souris. Certains attendent les leurs, alors il ne me voient même pas. Et à propos de ne pas voir les gens qui vous regardent, je repense au jour où, à vélo, sur une petite route de campagne, une dame marchait sur l’accotement. Devant moi il y avait un copain à vélo aussi mais pas de voitures devant nous. Au bout d’un moment la dame veut passer de l’autre coté de la route. Elle se retourne pour voir si elle peut le faire. Elle ne voit pas de voiture, elle se dit qu’elle pouvait traverser. Et comme son regard cherchait une voiture, elle n’a pas vu les vélos. Nous avons failli lui rentrer dedans et nous envoyer en l’air. Heureusement que nous avons eu le bon réflexe… C’est ainsi, personne ne me cherche, personne ne me voit.
Les kilomètres défilent sous mes pieds. J’appréhende le bois de Boulogne. : loin du départ, proche de l’arrivée. A partir du 35ème kilomètres il faut que j’occupe mes pensées, c’est de plus en plus dur et les calculs dans ma tête, par centaines de mètres, par dizaines de mètres, c’est dur, dur.. puis 40 ! encore deux longs, très longs kilomètres. Mais quelque soit l façon je terminerai. Je ne me pose plus de question ensuite par rapport au temps : moins de 4 heures ? plus de 4 heures ? Je sais bien que si j’ai dépassé 4 heures c’est après que je me dirai « j’aurais pu ! » tant pis parce que l’arrivée est là. Ma tête a envie d’exploser, mais j’ai fini, j’ai terminé. Je suis la voie devant moi, je me fais même passer la médaille au cou. Je suis contente et en même temps je ressens comme une déprime, une lassitude. Ce mélange d’émotions je ne l’aime pas trop. Subitement je suis pressée. Pressée d’aller retrouver les autres, pour savoir. Nous avons encore rendez vous au point S. Je récupère mes vêtements et vais au rendez-vous. Il y a un monde fou ! j’ai l’impression que les accompagnateurs des coureurs sont encore plus nombreux que les autres années. Je prends le temps de m’habiller. Je téléphone à Abder qui est vers la ligne d’arrivée à essayer de guetter mes potes. Une fois vêtue, toujours personnes. Le téléphone ne fonctionne plus et cette lassitude, cette déprime me reprend. Je remonte vers la place de l’étoile comme le coureur de fond, seule. Je m’engouffre dans la bouche de métro. La voiture suit son cours. Je suis déjà loin quand Abder m’appelle. Tout le monde est arrivé et me cherche pour la photo avant de nous séparer. Dommage, je n’y serai pas !
Chakib a mis 3heures21, Michèle 3heures52, moi 4heures01, Meryem 4heures26, Krimo 4heures 32 et Elbie 5heures40. Chacun s’en retourne …
Le vendredi suivant je me retrouve au milieu des gnous dans la foret de Bouchaoui. C’est à nouveau la fête.
A quand le prochain ?Saida Younsi
Du sable dans le nez
Dix jours après mon retour de Djanet, j’ai encore du sable dans le nez et des idées plein la tête.
Arrivés à l’aéroport de Djanet en fin de journée, il faisait encore jour et Krimo, l’organisateur de ce périple nous montre du doigt le circuit que nous avons à faire en huit jours. Je suis restée la bouche ouverte pendant que mes yeux suivaient son doigt. Nous quittons l’aéroport à pied bien sur, puisque tel est le challenge et marchons sur quelques centaines de mètres sur la route goudronnée qui mène vers la ville de Djanet. Sur la gauche de cette route du sable et à perte de vue des dunes de toutes les couleurs ; c’est l’erg d’Admer. La première barrière de dune semble jaune et en arrière le sable semble rosé. Le doigt est pointé par-là : c’est d’abord vers les dunes que nous irons puis nous viendrons vers la droite en passant par ce qui est loin devant nous : un paysage qui associe sable et roche et nous finirons sur le plateau du Tassili, à notre droite, une immense chaîne de rochers qui s’étend à perte de vue dont les sommets forment un véritable plateau à 1600-1700 mètres d’altitude. Ouah ! Comme c’est beau et comme ça parait immense ! ... Est-ce vraiment ce que nous allons faire ?
Rapidement nous quittons l’asphalte pour aller fouler le sable jusqu’au lieu du bivouac. Nous marchons environ une heure avant de retrouver, la nuit tombée, les véhicules qui transportent nos bagages et le nécessaire pour la cuisine. De charmants touaregs se chargeront de conduire nos bagages sur le site du bivouac et d’autres nous concocteront nos repas tout au long de notre séjour. En fait, eux, nous ne les verrons que le temps du bivouac et la nuit. Le reste du temps au cours de notre marche il n’y aura que Barka, notre guide parfois accompagné de Khellil. Mais ce dernier aura tôt fait de laisser tomber l’équipe de fous que nous sommes.
A peine arrivés à In Joulmas, ceux qui souhaitent dormir sous tente les montent rapidement, parce qu’il fait déjà nuit. Les autres n’ont pas trop le temps d’explorer les alentours pour choisir leur place pour la nuit. Finalement cette première nuit nous dormirons après un repas chaud, assez proches les uns des autres. Ce n’est pas plus mal : ainsi d’emblée chacun sait près de qui il ne faudra plus dormir. Dans le silence de la nuit, le bruit des « ronfleurs »était très genant.
Une fois mes affaires posées à même le sol, nous passons un moment près du feu sur lequel les touaregs nous préparent le thé. Le thé à Djanet est fait dans un calme religieux : il est préparé et infuse successivement dans différentes théières de façon à ce que l’infusion se fasse progressivement. Ainsi nous pouvons goûter au premier thé qui est très fort, et quand il est pris sans sucre un peu âpre, au second ou au troisième selon les convenances de chacun. Le rite du thé est très important et c’est dans le calme que nous l’attendons…Les yeux rivés sur les flammes et la braise qui nous réchauffent. Ce moment est magique : tout le monde regarde les flammes danser et les touaregs bouger très lentement pendant que l’eau du thé frémit. Au fur et à mesure que nous arrivons près du feu nous faisons de la place au dernier arrivé en nous serrant les uns près des autres. C’est assez drôle parce qu’il faut prendre le temps de se reconnaître qui à la voix, qui par les vêtements parce qu’avec nos bonnets, nos chèches ou cache-nez nous sommes autres. Même ceux qui parlent, parlent doucement autour du feu ! Et petit à petit les langues s’alourdissent, les paupières aussi et c’est une espèce de langueur qui me saisit.
J’ai sommeil, mais au-delà du sommeil je vais aller me faufiler dans mon sac de couchage pour pouvoir admirer le ciel. J’attendais ce moment depuis longtemps. Comme je suis prévoyante, je passerai la nuit près de la tente de Djahida… De ma place j’entends les copains rire ou parler à haute voix autour du feu pendant que mes paupières comme un rideau sur une scène de théâtre se ferment et s’ouvrent. Quel paysage magnifique ! La lune est déjà là : une demi-lune, les étoiles scintillent. Comme elles sont nombreuses et toutes aussi lumineuses les unes que les autres ! Peu à peu tout le monde se retire pour la nuit pendant que successivement je m’assoupis et me réveille. Au beau milieu de la nuit : lever de rideau. Comme c’est beau ! Je vois… Je vois le silence. Le silence est assourdissant : c’est impressionnant. C’est très frappant. Il n’y a aucun bruit autour de moi, si ce n’est quelques ronfleurs que j’éviterai la prochaine fois. Mes yeux sont accrochés aux étoiles, la lune est encore là, elle n’a pas encore fini de parcourir sa courbe céleste. Je vois le silence : parce que l’impression que j’ai c’est que de tout ce que je vois il n’émane aucun son. Habituellement quand nous avons les yeux ouverts sur quelque chose il y a toujours des bruits qui nous parviennent ; là pas du tout. Des images à volonté, magnifiques, brillantes et pas de son. C’est bizarre. Ma nuit va durer ainsi et durer encore jusqu’à la levée de rideau suivante quand la lune aura disparu après avoir terminé sa course. Et là : superbe ciel. Les étoiles sont encore plus lumineuses. Il fait clair uniquement par leur luminosité. D’ailleurs, je vois très distinctement les tentes autour de moi ainsi que les sacs de couchage qui jonchent le sable autour des cendres. Puis peu à peu le ciel devient plus clair, la luminosité des étoiles diminue et très vite presque rapidement : plus d’étoiles, le ciel rosit, pâlit et les rayons de soleil s’allongent. Le camp s’éveille progressivement. Autour de nous : du sable, des rochers au loin, et le calme. C’est ainsi que va commencer notre première journée à Djanet.
Après avoir ramassé nos affaires nous avons un petit déjeuner chaud et copieux. A sept heures trente le départ est prévu pour une journée de huit à neuf heures de marche.
Cette journée, dans la plaine avant d’aborder réellement les dunes de l’erg Admer sera difficile pour tout le monde. Toutes les personnes de ce groupe de trente et un ne se connaissaient pas vraiment. Tout le monde ne s’attendait pas forcément à marcher autant. Et un peu comme si les personnes avaient à s’affirmer c’était comme s’il y en avait qui s’appliquaient à aller toujours plus vite pour distancer les autres. C’est donc les yeux rivés au sol que nous avons marché cinq heures le matin et trois heures trente l’après-midi. Finalement ce n’était pas si mal. J’ai pu me situer dans le groupe, parler au hasard avec les personnes qui étaient près de moi, observer aussi ceux qui étaient loin.
La pause pour le repas a duré une heure et nous a permis de vider nos chaussures du sable qu’elles contenaient. D’ailleurs chaque fois que nous observions une halte, afin de laisser les derniers rattraper les premiers, nous en profitions pour faire le vide… dans les chaussures.
En fin d’après-midi Barka, notre guide avait convenu d’un rendez-vous avec les chauffeurs des véhicules. Arrivés au lieu dit : rien en vue à priori. Mais les rendez-vous dans cette immensité ne sont point évidents. Il y a du sable à perte de vue et, comme posés dessus, des amas de rochers ! En scrutant bien dans cette direction nous avons cru voir des véhicules. Chakib a alors soigneusement regardé avec ses jumelles. Ce sont bien des véhicules. Les nôtres ou pas ? Nous sommes trop loin pour le savoir. Nous marchons donc dans cette direction puis nous décidons, Chakib, Moumène et moi de courir : nous évaluons en petites foulées à vingt minutes le temps qui nous sépare de ces voitures. Tout comme en mer les distances dans le désert sont difficiles à évaluer mais notre évaluation a été bonne et nous arrivons ravis au pied de collines de grosses pierres entassées un peu dans le désordre sur un sable doré et fin. Ce sera la toile de fond de notre bivouac pour cette nuit.
Arrivés avant les autres nous avons le privilège de choisir les premiers, notre emplacement pour la nuit à passer à Roghi Nihad. Un petit palier de sable entre de grosses pierres, c’est mon endroit pour la nuit. Si je pouvais voler sans laisser d’empreintes sur le sable je le ferai. J’ai l’impression de fouler un tissu soyeux soigneusement repassé. La nuit s’annonce très belle et d’ailleurs le soleil décline et le ciel change de couleur. Cette nuit chacun d’entre nous a pris ses aises pour le dodo et les tentes ainsi que les sacs de couchage sont très éloignés les uns des autres qui, à l’abri des rochers qui semblent posés sur le sable, qui au milieu d’une étendue de sable. La nuit a bien sur été très belle du sac de couchage ! Dans quelques jours ce sera la pleine lune. Nous sommes tôt levés le matin et ce matin là derrière le rocher nous allons voir le lever de soleil. Michèle fait des photos. C’est extraordinaire comme le changement s’opère très vite. Les premières lueurs très vite laissent passer des rayons très lumineux et vraiment ! C’est presque à vue d’œil que par-dessus la dune le soleil apparaît. Il monte… monte, une ascension très régulière que rien ne perturbe, ni nos exclamations ni notre regard.
Après un bon petit déjeuner nous entamons notre journée. Direction l’erg d’Admer : des dunes à perte de vue. C’est éblouissant.
Farida commence sa journée difficilement, elle a eu la diarrhée la nuit. Elle est malgré tout décidée à marcher.
Notre départ est très agréable. C’est la plaine : nous marchons par petits groupes ou seuls distants, en parlant, chantant ou dans le silence. Sous nos pieds du sable qui, d’un endroit à l’autre change de texture et de couleur. Au loin sur notre droite les plateaux du Tassili. Ce sont de très imposants rochers qui semblent être surmontés d’une terrasse. Ils paraissent très loin et le sont certainement. Tout au long de la journée nous les voyons comme différents. Le matin, ils semblaient être des îles sur une mer très calme. Au pied des tassilis, il y a de la verdure : l’oasis de Djanet, l’oued où la végétation bien que peu abondante retient une couche d’humidité. Les premières lueurs du soleil font que cette brume d’abord blanche nous apparaît bleue et calme comme une mer. Plus tard dans la journée ce sera un peu gris et dans l’après midi les rochers seront vraiment marrons, imposants et très distinctement dessinés à distance de cette plaine de sable que nous traversons.
Dans la matinée après avoir marché dans la plaine : les premières dunes sont face à nous. Au pieds de celles-ci nous retrouvons des pierres de toutes les couleurs qui ont été au fil du temps couvertes puis découvertes par ces mêmes dunes qui sont, bien qu’imposantes, mobiles sous l’effet du vent. Quelle émotion : c’est fantastique de voir ce sable jaune, fin, doré posé là devant nous. La dune est immense, raide, sa crête est bien dessinée et ondule généreusement en se prolongeant dans différentes directions par d’autres dunes. Pas une trace sur ces dunes-ci. Du côté à l’abri du vent : le sable semble lissé, repassé parfaitement, sans un pli. Nous montons, les pieds s’enfoncent mais nous montons quand même. Arrivés sur la crête mais est-ce une crête ! La dune se prolonge devant, à droite à gauche et du côté au vent la dune n’est plus lisse mais ondulée comme un tissu soigneusement et très régulièrement plissé. Il y a très peu de végétation mais parfois ça et là de très courtes touffes d’herbe. Le vent les a faites tourner et a imprimé sur le sable des cercles concentriques aussi réguliers que s’ils étaient effectués au compas. Et ainsi autour de chaque touffe. Comme c’est agréable de marcher dans le sable ! . Régulièrement nous nous arrêtons pour permettre à ceux qui sont derrière de rattraper les premiers. Il fait chaud. Farida est de plus en plus fatiguée : elle a vomit et chaque dune est une nouvelle épreuve pour elle. Elle s’appuie sur Samia puis sur d’autres pour continuer parce que là où nous sommes : pas de véhicules et il est impossible à un véhicule de nous rejoindre. Nous n’avons pas le choix : il faut avancer avec elle. La marche est donc très lente mais personne ne s’en plaint tant nous faisons le plein de belles images, de photos. Se laisser glisser pieds nus sur le sable, s’affaler sur une crête pour ne voir que cela de tous les cotés. C’est magique. D’ailleurs il y a un silence qui règne autour de nous… Et même ceux qui pouvaient être très bruyants le premier jour se sont drôlement calmés. Notre marche ressemble à un pèlerinage où sur un sommet de dune cheminent, lentement, en laissant ses empreintes une caravane de personnes… Le sable est pur : rien dedans, ni plante ni pierres ni vestiges de poteries préhistoriques comme nous en avons trouvé dans la plaine avant le début de l’ascension. Je marche en chaussettes. C’est très agréable ! Des dunes et encore des dunes… Un peu plus loin, dans une immense plaine nous faisons une pause pour le déjeuner. Farida va enfin pouvoir se reposer. Elle se sent complètement vidée. Cet après-midi elle ne nous suivra pas mais montera dans un véhicule et ira nous attendre au point de rendez-vous de fin de journée. Le temps est couvert, il y a un peu de vent. Les plateaux qui ce matin apparaissaient bleus sont maintenant imposants, marrons et semblent posés sur du sable. La plaine s’étend au loin et des dunes, du sable et rien que du sable. Nous apercevons les premiers dromadaires depuis le début de notre randonnée. Ils s’esquivent bien avant que nous n’arrivions près d’eux. L’après-midi s’écoule ainsi cernés que nous sommes par du sable !
Le soleil commence à décliner. Il est environ dix-sept heures, le ciel est couvert, des nuages hauts, une petite brise… Nous devrions déjà apercevoir les voitures, mais il n’en est rien. Une petite dune de plus à escalader et… Les voitures sont de l’autre côté. Une fois arrivés sur la crête, nous marquons tous un temps d’arrêt, et : « oh ! Ils sont là ! » C’est à Anou Oua Leliou que nous bivouaquerons. Ici, point de rochers. Une plaine et de toutes petites dunes. Le coin «pipi » ne sera pas facile à trouver. Mais tout le monde s’en fout et nous ferons avec…Avec la petite brise et le ciel couvert nous espérons tous qu’il ne pleuvra pas. C’est dispersés sur cette étendu que chacun prépare son coin «nuit ». Dommage, cette nuit le ciel aura moins d’étoiles… Et, ce soir , venu d’on ne sait où, un personnage entre en scène. Krimo nous le présente comme son vieil ami du désert : Salah. Non qu’il soit vieux mais c’est d’une vieille amitié qu’il parle. Salah apparaît comme un personnage inoubliable tant il est particulier. Un homme du désert… Pas très grand, plutôt sec, comme le sont les «choses » du désert, hirsute et il porte un pantalon particulier aux gens du sud : cintré à la taille, très large au niveau des cuisses, il se rétrécit à la cheville. L’entrejambe est très ample ; ainsi la position assise en tailleur reste confortable. Au bout de quelques minutes nous avions non seulement l’impression d’être avec Salah depuis le début de notre randonnée mais de le connaître depuis bien longtemps. Il parlait avec tous et racontait ce qu’il avait fait par-ci, par-là. Il connaissait tellement de choses sur le sud et le désert… que sa compagnie était très agréable et enrichissante. Après l’installation des tentes, des sacs et le dîner nous nous rapprochons du feu. Krimo, lui se charge de réparer les pieds de tous ceux qui ont quelques ampoules. Je me fais soigner juste pour le plaisir de solliciter Krimo qui me soigne très gentiment. Comme c’est agréable !
Cette nuit là, le ciel était couvert et les étoiles ne se montraient que par intermittence, une petite brise très agréable me câlinait le nez et sur le matin quelques gouttes de pluie mais rien de plus. Puis progressivement le jour se lève ainsi que le reste du groupe…
Nous quittons le sable pour nous diriger aujourd’hui vers les plateaux. La plaine est immense, au loin nous voyons la route qui mène vers Illizi et que d’ailleurs nous allons traverser dans le milieu de la matinée. Les disyances sont vraiment d’une autre échelle ! Ce matin là il fait froid même pendant la marche. Nous avons le vent de face. Après la traversée de la route nationale, nous arrivons vers d’immenses collines rocheuses entre lesquelles nous nous enfilons. Un peu comme si nous prenions d’immenses avenues bordées de rochers et entrecoupées par d’autres routes tout aussi larges. Partout, ici, la pluie bien que rare permet aux acacias de croître au milieu de ces grands espaces. Il y a là une succession de paysages aussi beaux les uns que les autres. Des roches et du sable. Dans un défilé beaucoup plus étroit que les autres planté de part en part une dune très haute et dorée. Nous montons sur la crête et de là c’est une vertigineuse descente : qui sur les fesses, qui pieds nus qui en marche arrière. Nous arrivons en bas essoufflés. Résultat : la dune est sans dessus dessous ! La journée a été très belle en paysages et dans l’après midi au sommet d’une dune nous nous asseyons, là je n’ai vraiment pas l’impression d’être dans le désert : l’espace semble rétrécit et sur notre droite une paroi rocheuse. Nous apercevons là un daman, petit lièvre du désert qui va vite se cacher dans les crevasses de la roche. En fin de journée nous rejoignons Tihramiouine où est implanté notre bivouac. Immense plaine où sont posés des rochers aux formes diverses. Les places le long de la roche sont vite prises et je me retrouve à l’extrémité à un carrefour si on peut dire où je vais passer la nuit. Ce sera le calme assuré parce qu’il y a un léger virage qui fait que les autres sont comme de l’autre côté. Je n’entendrai aucun bruit cette nuit là mais par contre j’aurai une superbe vue sur le ciel qui est magnifique et ces rochers qui semblent aller chatouiller le ciel. Le lendemain nous poursuivons la route dans ce même lit d’Oued, en passant devant «chez moi » ! Il fait très beau et la route est superbe. Notre route est de plus en plus faite de roches. Cependant, dans la matinée nous arrivons sur une dune dorée qui semble être un balcon qui surplombe un autre oued, à proximité de la ville de Djanet. Nous voyons loin, face à nous un mont rocher : le mont Timbeur, imposant avec un socle très large et pointant vers le ciel comme une fusée. Au pied du Timbeur, Krimo nous désigne du doigt la palmeraie de Djanet, le village-vestige Azelouaz que nous découvrirons plus tard ! Nous n’entrerons pas dans la ville de Djanet ce jour là mais nous irons au-delà et jusqu’au pied des plateaux en marchant sur du sable. Une plaine qui doit être très inondée quand il pleut. Avant de l’aborder, d’ailleurs, nous faisons notre pause-repas.
Il fait très chaud. Il n’y a quasiment pas d’ombre. Malgré tout, certains membres de notre groupe sont allés se mettre au pied des acacias. Ces arbres sont pratiquement dépourvus de feuilles mais pleins d’épines. Qui souvent tombent au sol et le jonchent ; les autres, nous nous serrons à l’ombre des trois véhicules qui se sont alignés ! Après notre repas, je me suis assoupie un moment : comme ça fait du bien !
Après déjeuner nous reprenons notre marche. Il y a peu de sable, de plus en plus de roche. Et dans le milieu de l’après-midi nous avons l’impression de marcher dans un immense couloir très large dont les bordures sont faites de grands rochers. Le sol est fait d’un gros sable gris qui a du sécher après avoir été arrosé par la pluie. Nous nous enfonçons pas mal dedans et régulièrement il faut vider les chaussures qui deviennent pesantes. Le long du parcours, il y a beaucoup d’acacias. C’est d’ailleurs l’arbre commun : sans feuilles et avec beaucoup d’épines…
Nous nous rapprochons des grandes parois rocheuses qui forment les plateaux du tassili. Ces immenses montagnes qui nous avaient parues si loin à notre arrivée à l’aéroport de Djanet ! Ce lieu porte bien son nom : Akba Tafilat, en arabe Akba veut dire «passage ». Et Akba Tafilat est ce sentier de montagne qui va nous permettre d’accéder au plateau. Et ce sera pour le lendemain. D’ailleurs ce lendemain s’annonce être une journée longue et difficile.
Nous bivouaquons au pied de ces immenses montagnes de roc. Il y a là des acacias en grand nombre. Demain matin nous ne lèverons pas le camp parce que le soir nous bivouaquerons pour la seconde nuit au même endroit. C’est d’ailleurs très agréable : un peu comme si dans cette immensité nous étions dans un intérieur, les parois rocheuses sont relativement peu éloignées l’une de l’autre. La nuit va être magnifique. Dommage, Djaffar est malade et il s’endort de bonne heure. Demain matin, tout comme Fatiha il ne fera pas l’ascension avec nous.
Très tôt levés et très tôt partis. Il ne fait pas encore jour quand, nos sandwichs dans nos sacs, nos gourdes pleines d’eau nous partons pour onze à douze heures de marche. Les véhicules ne nous suivrons pas dans ces sentiers de montagne. Dès le matin la marche est très agréable. Nous allons vers Tamrit. C’est d’abord sur un premier palier que nous marchons. Nous sommes très vite au pied d’un mont : il faut grimper à flanc de ce mont qui est fait de gros blocs qui semblent entreposés les uns sur les autres. L’escalade est amusante : se suivre en file indienne faire attention où nous posons les pieds, j’aime beaucoup. Une fois ce premier palier gravi, nous arrivons comme dans l’immense cour d’un château. Autour de nous la muraille de ce gigantesque château. Des parois très hautes autour et au centre des chemins très larges se croisent. Il y a beaucoup d’acacias par-là et le sol est fait de gros sable et de blocs de pierre. Ce qu’il est impressionnant le silence ici. Une cour de château abandonné. Nous nous engageons ensuite dans un défilé plus étroit bordé de part et d’autre par de gros rochers. Sur la droite un chemin raide d’où arrivent des ânes chargés du matériel d’un groupe de touristes que nous croisons. Ils ont passé nous disent-ils une semaine sur le plateau que nous allons rejoindre. Le chemin emprunté par les ânes, nous le prendrons, selon Barka pour notre redescente. En attendant, nous nous enfonçons plus dans le défilé qui se rétrécit de plus en plus. Une petite pause pour attendre les derniers : la roche est taillée comme en amphithéâtre. Nous nous asseyons mais il fait très froid. Nos voix résonnent… C’est surprenant mais très agréable !
Nous poursuivons notre ascension en restant plus concentrés : il faut s’agripper, rester l’un derrière l’autre en faisant bien attention de ne pas glisser. Entre les roches, à certains endroits il y a des gueltas : des creux tous pleins d’eau. Cette escalade est bien amusante et sans savoir trop comment nous arrivons à un endroit un peu plus large et la dernière enjambée est : époustouflante… je me suis hissée sur le toit… du monde. Il n’y a pas de mots pour décrire ce que je ressens. Un immense plateau de roche à perte de vue. Je vais dans tous les sens, à certains endroits, d’immense canions… C’est merveilleux de voir et d’être là. Ernesto, lui a complètement disjoncté. Il a beaucoup appréhendé la montée et, arrivé au sommet, il a tout jeté : son sac, ses vêtements et il est parti loin, torse nu en parlant très fort… Je marche dans tous les sens, je m’éloigne reviens. Tout est très plat ; une roche très dure, vraiment si je devais comparer c’est comme si j’étais sur des toits de maisons et que j’étais en train de déambuler de terrasse en terrasse.
Une fois tous regroupés nous allons marcher sur ce plateau, qui, quelques jours auparavant semblait très distant, pour aller découvrir des peintures rupestres sur les parois des grottes qui devaient abriter des propriétaires de troupeaux il y a de cela des milliers d’années. Tout cela semble comme un rêve, c’est invraisemblable qu’à cette altitude des gens vivaient là avec leurs bêtes. Ce qu’ils ont laissé comme emprunte laisse pensif. C’est d’ailleurs dans le silence que j’observe : cet éléphant dessiné sur une roche noire, à même le sol : il y a là un petit escabeau prévu pour les visiteurs, sur lequel nous montons pour voir de haut ce dessin. Puis plus loin dans des excavations qui avaient du servir d’abri, nous découvrons des dessins plus ou moins bien conservés, retraçant des scènes de vie quotidienne : des caravanes de bovins, des personnes… C’est magnifique et cela parait tellement irréel ! En fin de matinée nous arrivons non loin d’une autre grotte gravée le temple de Zomaitec était là, nous dit Barka, le guide. Les roches et les parois alentours semblent être les vestiges de son temple…
Une demi-heure pour le déjeuner et la marche va reprendre de plus belle entre de gros rochers où poussent des lauriers sauvages pour enfin arriver vers la vallée des cyprès… Quelle merveille. Des cyprès verts comme je n’en ai jamais vu. Leurs troncs sont énormes… Le plus ancien est celui vers lequel nous allons aurait 2800ans. C’est monumental. Son tronc est très gros et à la base c’est un peu comme s’il en engendrait d’autres . Il donne de tous petits fruits. Nous remontons un peu cette vallée de cyprès et Salah nous prévient qu’une corde est accrochée à l’une de ses branches. Il nous rassure très vite : personne ne s’y est pendu. Anecdote que je n’oublierai pas ! Tout comme ce lieu. Nous continuons notre marche au milieu de ces rochers ou parfois même de sable… à 1700 mètres d’altitude. Il faut marcher relativement vite parce que la route est encore longue avant d’amorcer notre redescente par «le chemin des ânes ». Il faudra arriver au camp avant la nuit. Je savoure chacun de ces instants et ici marcher seul est un sacré privilège. Tout espace est à apprécier, chaque bruit ou plutôt chaque silence est merveilleux. Bientôt nous entamons la redescente qui nous permet de voir que les pauvres bêtes qui se chargent des bagages des touristes qui montent sur le plateau se blessent souvent… la preuve ces traces de sang par terre. D’ailleurs je pense à ces bêtes de somme dont l’ascension doit être difficile. Ce n’est pas du sable qu’il y a par terre mais des cailloux souvent plus petits que les sabots de ces équidés. Et je me dis qu’ils doivent souvent glisser là-dessus… La descente est belle, aussi amusante que la montée mais elle semble interminable…A la tombée de la nuit nous arrivons heureux et la tête pleine d’images au camp que nous avons quitté le matin. Ce site est magnifique et la nuit sera très belle !
Le lendemain nous reprendrons par le chemin de la veille une marche vers la ville de Djanet. Avant d’entrer dans la ville nous irons dans un camp où nous sommes invités par le maître des lieux. Ce camp est installé à proximité du mont TimBeur et possède un magnifique verger. Nous dégusterons pour le dessert les fruits de ce verger. Le soir le propriétaire des lieux nous invite pour un festin : un copieux repas nous sera servi puis trois succulents méchouis. La soirée s’achèvera tard en musique. Nous avons écouté la musique de Djanet, les chants, observé et dansé sur cette musique. Ce soir là je dormirai sous la Kheima : une tente tout ouverte sur les côtés mais dont le toit est fait de couvertures tissées, aux couleurs chaudes du sud. C’est d’ailleurs là que ce jour là nous avons pris nos deux repas. Ce camp est équipé de sanitaires et pour la première fois depuis le début de notre randonnée nous allons pouvoir faire une toilette… mais qui ne nous permettra pas de rester propres bien longtemps parce que sitôt le repas de midi terminé nous sommes partis à pied en petit groupe visiter la ville de Djanet. Nous allons pouvoir rencontrer des habitants de Djanet, visiter les boutiques de souvenirs. Barka nous accompagne. A l’entrée de Djanet et sur notre gauche, adossé aux parois rocheuses un village en ruine. Un ancien village dont les maisons étaient en pierre et à même la roche c’est Azelouaz. Sur la droite de la chaussée il y a un immense jardin : avec des orangers, des palmiers, des mandariniers. Nous croisons des enfants à leur sortie de l’école, des femmes vêtues de robes aux couleurs chatoyantes. Barka nous dit qu’elles vont participer aux préparatifs d’un mariage dans son village qui est à quelques kilomètres d’ici. La rue qui nous mène à Djanet est bordée d’ateliers : teinturerie, menuiserie, couture. Cet endroit me rappelle les deux autres fois où je suis venue à Djanet pour le marathon. Notre course nous menait là et j’étais, les deux fois accompagnée par le bruit de ces machines. Nous arrivons à Djanet où nous faisons les quelques boutiques à la recherche d’un objet original. Moi je suis à la recherche d’un pantalon comme celui de Salah. J’en ai trouvé un joli mais pas exactement comme le sien. Je suis cependant satisfaite de mon acquisition. Chacun d’entre nous l’est d’ailleurs. Il va falloir rentrer au camp avant la tombée de la nuit. Certains décident de rentrer en bus… mais il y aurait rupture du challenge. Que de la marche à pied ! Nous sommes donc un petit groupe à rentrer à pied en passant dans l’oued, asséché, l’oued Idjeriou. Un rythme fou, du sable plein les chaussures. La lune nous éclaire. Une heure de marche soutenue et nous arrivons tous pleins de sable au camp ! Certains se sont inquiétés de notre absence mais il n’y avait pas de quoi. Cette soirée a aussi été magnifique.
Le lendemain c’est dans ce même Oued que nous ferons notre randonnée en passant complètement vers l’autre berge et arriver dans l’oasis de Djanet. Magnifique oasis que nous longeons avant d’y entrer. Elle regorge d’eau et il fait très frais sous ses immenses palmiers. Toute la journée a été très agréable avec quand même une petite pointe de nostalgie : nous ne sommes pas loin du terme de notre voyage. Notre pause déjeuner nous la faisons contre un immense rocher. Pas loin de là une de source d’eau chaude qui sent le soufre. C’est agréable de se laver les pieds à l’eau chaude ! Nous repartons assez rapidement. Cette matinée là, Elbie était malade dès le matin. Elle a tenté de nous suivre mais très vite ceux qui marchaient près d’elle ont du appeler une voiture afin de la conduire chez le médecin. Nous ne l’avons retrouvée qu’au moment de la pause déjeuner. Le traitement qui lui a été administré et surtout sa motivation pour continuer , ont fait que l’après-midi elle a repris sa place dans le groupe.
Cette balade de l’après-midi a été merveilleuse ! Bien que longue et le plus souvent dans le sable le paysage était agréable : un mélange de petites «ondulations » de sable que nous gravissions en courant et des rochers épars que nous escaladions parfois. Par petits groupes, la marche se faisait en parlant ou en chantant. Un moment, je me suis surprise seule à suivre très consciencieusement le parcours, mettre mes pieds sur des surfaces «neuves » et à chanter à tue-tête ! Il me semblait reconnaître ce site où nous avions campé lors de mon premier marathon à Djanet. Un peu plus loin je pensais aussi que ça pouvait l’être aussi. En fait dans cette région le paysage était assez similaire que l’on regarde devant, derrière, à droite ou à gauche. Dans le milieu de l’après-midi nous sommes arrivés à Tigharghart : un site de peintures. Des bovidés. Ce site est appelé par tous : « la vache qui pleure » : l’impression que peut donner cette peinture. Je me souviens être déjà venue ici mais autour de cette roche gravée des arbustes ont été plantés et sur la colline avoisinante le refuge d’un gardien du site a été implanté. Nous nous sommes assis là sur un petit monticule quant au loin quatre véhicules arrivaient à vive allure. Des touristes, venus, tout comme nous à la découverte de ces peintures ! Le soleil commence à décliner et il va falloir rejoindre le lieu de notre bivouac pour la dernière nuit à Djanet. Il n’est d’ailleurs pas loin d’ici, à moins d’une heure de marche et à environ une quinzaine de kilomètres de l’aéroport. Ce soir là nous bivouaquerons dans une immense plaine où étaient posés de gros rochers aux formes diverses ! La nuit est très belle. C’était un peu comme s’il fallait faire le plein d’images, de sensations avant le retour…Le coucher de soleil, dans cette plaine est magique : nous observons l’astre décliner là-bas, à l’horizon. Le ciel change de couleur progressivement : rougeâtre, puis rosé et le rose s’atténue progressivement pour ne laisser que le gris bleu. A l’opposé, c’est la lune qui est apparue et pendant un moment nous tournons sur nous même à observer les deux astres faire «le beau ». C’est magnifique. Et d’ailleurs la nuit sera très belle. C’est à découvert que je décide de passer la nuit. Et quelle belle nuit, très silencieuse comme si chacun d’entre nous était pensif, un peu mélancolique peut-être ou déjà loin…
Nous pouvions ce matin là, le dernier avant notre retour dormir plus longtemps mais par habitude, pour voir le lever du jour ou simplement du fait d’avoir le ciel comme toit le lever s’est fait aussi tôt que les autres jours. Nous avons pu explorer les alentours, grimper sur ces gros rochers sympathiques, jouer aux raquettes ou rester là tout simplement ! Ce n’est que vers dix heures après avoir rangé nos affaires que nous avons pris la route, la dernière ligne droite avant l’aéroport. Pour cela nous avons foulé du sable et rien que du sable, nous avons traversé des champs de coloquintes à différents âges de maturité. Ce fruit là lorsqu’il est «vert », il est très lourd, plein d’une substance liquide et amère que les ânes apprécient. Lorsque la coloquinte sèche, elle se déshydrate et devient une coquille jaune puis marron, fragile. Une petite bataille de coloquintes s’est terminée par des haussements de ton parce que certains utilisaient des fruits verts ! Nous sommes aussi passés à proximité d’un ancien volcan, aujourd’hui éteint, nous disait Farida. D’ailleurs dans l’après-midi je l’ai revu à partir de mon poste dans la cabine de l’avion qui nous ramenait vers Alger… Après la pause déjeuner à portée de vue de l’aéroport nous avons foulé le sable qui nous séparait de l’aéroport où, après avoir récupéré nos affaires nous avons pu nous changer avant de dire au revoir à ceux qui nous ont accompagné tout au long de notre séjour ici : Mohamed, Abderrahmane, Barka nos chauffeurs et guide ainsi que l’attachant Salah qui m’a fait le plaisir de signer les notes que j’ai prises pendant cette traversée d’une minuscule partie de ce désert qu’est le Sahara. Mon voyage s’est achevé, garce au Commandant de bord que je connaissais dans la cabine de pilotage d’où j’ai pu revoir et reconstituer cette sublime randonnée.J’ai beaucoup de mal à mettre un point final à mon récit parce que dans le désert si immense il n’y a pas de fin mais des commencements partout et dans toutes les directions, où que l’on regarde…!
SAIDA YOUNSI

Pour notre association , qui s’appelle « Bouchaoui Athlétic Club » -pour faire référence à la forêt de Bouchaoui où nous nous entraînons toute l’année- ce triathlon est une compétition juste pour nous et entre nous qui se déroule sur une plage à l’ouest d’Alger : Sidi FerruchDe savoir que la compétition arrive c’est vraiment palpitant. Alors que nous nous entraînons et nous préparons tout au long de l’année.
Ce groupe de sportif est de plus en plus important, de nombreuses personnes viennent le grossir progressivement. Il y a, mais cela est en rapport avec la composition de la population sportive, beaucoup plus d’hommes que de femmes. Mais cela on finit par l’oublier complètement. Ce n’est d’ailleurs pas triste du tout.
Dans ce triathlon qui devient une tradition pour notre association sur les quelques cent personnes qui le composent il n’y a qu’un quart qui y participe. Notre triathlon ou pour être plus juste, mini triathlon enchaîne 700 mètres de natation, 10 kilomètres de vélo et 7 kilomètres de course à pied.
Le plus difficile des enchaînements c’est vélo-course à pied. Je me souvient de cette compétition de l’an dernier j’ai souffert sur une assez longue distance en course avant de retrouver mes jambes. Et c’est cela que je tentais d’expliquer à Chakib, un nouvel arrivé dans le groupe et novice dans cette compétition.
Cette année, nous avons fixé notre compétition au 24 juin et environ deux mois avant nous avons commencé les entraînement de vélo deux fois par semaine alors que nous n’avons pu aller à l’eau qu’une semaine avant le jour J. Mais tout cela se fait tellement dans la rigolade que peu importe. J’ai essayé en plus des entraînement réguliers de course à pied, qui ont lieu trois fois par semaine d’aller une fois par semaine faire du vélo. Le groupe était très réduit. Nous étions au maximum cinq. Mais dix jours avant le jour J on aurait dit un groupe d’adolescents parti sur les routes à bicyclette. Cette fois là nous étions une quinzaine. Comme c’était magnifique ! il faisait beau, bon et la ballade était agréable. Cette fois là nous avons pu nous baigner et alors une fois dans l’eau après une heure de vélo, on a vraiment l’impression d’être en suspension, d’être porté que du bien-être.
J’aime le sport, la compétition juste ce qu’il faut pour essayer de bien faire et le bonheur de partager avec les concurrents et ceux qui vous regardent.
Le jour fameux est là. A sept heures je suis au départ, histoire de voir les autres, rigoler, voir se mettre en place la compétition. Ce triathlon n’est pas une compétition officielle ici . Il est organiser pour 25 participants par les membres de l’association qui ne le font pas qui parce qu’il n’a pas de vélo, qui parce qu’il ne sait pas nager et qui parce qu’il ne se sent pas prêt. C’est aussi bien parce qu’il y a donc du monde pour nous servir, nous encourager, nous photographier et nous filmer.
Lorsque nous sommes sur place, les banderoles sont installées au départ, une barque est mise à l’eau pour le cas où… et sur le trajet vélo et course à pied les points d’appro sont mis en place. Nous les concurrents sentons alors la pression monter, les pronostics sont faits. Michèle une nouvelle arrivée dans le groupe m’apporte ses encouragements alors je ne vous dit pas dans quel état je suis : fébrile. Heureusement que nous commençons par la natation. Et nous voilà alignés sur cette plage de sable. L’eau est belle, plate, elle est à bonne température. La balise que nous devons contourner est la bas au loin… Malgré toute cette eau j’ai la gorge serrée, le cœur qui bat comme un fou et la bouche sèche. Avec Chakib nous évaluons, calculons et je lui confie qu’au départ je vais lentement parce que c’est la grosse pagaille, le mélange de pieds, de mains de bulles donc moi je vais nager lentement, régulièrement et même privilégier la brasse au crawl pour mieux me diriger. Ensuite quand tout sera « décanté » je nagerai au crawl pour aller plus vite.
Et voilà, le TOP du départ. La ruée vers l’eau, tous ces hommes se jettent à l’eau. J’y vais moins vite qu’eux. Et brasse que je brasse que de bulles dans l’eau que de bras, de têtes, de pieds hors de l’eau. Cette phase, j’ai l’impression qu’elle dure… Et puis voilà que la route devant est plus libre. Je regarde devant plus que quelques personnes. Je nage donc plus à l’aise et j’arrive bientôt à la balise que je contourne. J’entends mon nom on me remet dans la bonne direction. Il faut aller vite même si je ne dépasse pas ceux qui sont devant moi, plus que trois mais au moins pour prendre de l’avance. Je suis à l’aise et contente. J’avance bien et hop il faut sortir de l’eau. Je suis sur la plage et mes camarades sont là à m’encourager, faire des photos ; Nasser filme la sortie de l’eau et me dit « tu es quatrième » oh quelle joie ! Je me mets à courir pour rejoindre mon vélo sur le parking où nous les avons laissés. J’ai environ deux cents mètres à parcourir, la moitié dans le sable. Une petite côte avant d’arriver sur une partie goudronnée. Je suis un peu essoufflée, par l’émotion … Sur le parking j’arrive deuxième. Maintenant il faut m’habiller. Dans la précipitation je mets le casque avant le tee-shirt puis je recommence en inversant. Je me chasse sans faire les lacets. J’ai perdu un peu de temps et j’entends les quatre filles qui sont là hurler, m’encourager… C’est super ! Ca y est je suis sur mon vélo. Pendant que je cherche à calmer mon cœur, je bois un peu d’eau, je m’installe convenablement sur ma selle et c’est parti ! Et voilà que déjà un pote me dépasse, un autre et puis tant pis. Je fais ce que je peux, je m’économise aussi, Chakib arrive, demande de mes nouvelles et file devant. Il y aura une petite côte et surtout la course à pied ensuite. Je me sens soudain poussée par derrière. C’est Krimo qui arrive et me dépasse. Il arrivera avant moi bien sûr. Il a d’ailleurs l’habitude d’être devant moi en vélo et en course à pied ! je garde le sourire, le moral et je suis heureuse. A tous les carrefours je reconnais mes amis : ils notent sérieusement nos numéros de dossard, nous donnent de l’eau et surtout avec de grands sourires nous encouragent. Et voilà la côte que j’attendais et que je connais bien pour l’avoir faite de nombreuses fois. Je finis par décoller de ma selle. Je monte en danseuse. Ca m’amuse toujours et c’est plus facile. Une voiture me dépasse. Nasser est à l’arrière du véhicule avec la caméra : il m’encourage et fais ses commentaires, je souris et suis heureuse ! Un peu plus loin en voilà un qui souffre et que je vais dépasser ; c’est pas mal je m’étonne moi-même et c’est cela qui est super au triathlon ! habituellement quand nous courons il est très très bon ! mais dans cette compétition chacun a sa chance. Je poursuis mon chemin et tout va bien. Déjà je pense, à deux kilomètres environ du changement de discipline, à la course qui m’attend quand en rigolant Aziz me dépasse. Lui se casse pas trop la tête, enfin c’est ce que je lui dit. Il a un superbe vélo et souvent il me dépasse sur le plat ou la descente. Et chaque fois je lui ressert que c’est pas lui qui fait le travail…Et voilà le lieu de changement et encore les filles qui hurlent mon nom. Elles se précipitent pour attraper le vélo, le casque, me donner de l’eau. Ah les lacets, j’en fais un Fatiha me fait l’autre… C’est génial on dirait que c’est elle qui vont partir. Je repars. Ouf ! je me calme, je ne bois pas. Aie comme j’ai mal aux cuisses, mais beaucoup moins que dans mon souvenir de l’an dernier ! Et c’est bon, je prends mon rythme, on m’encourage encore. Celui que j’avais dépassé en vélo et qui court si bien arrive à mon niveau . Il se plaint qu’il a souffert et nous courons un moment ensemble. Moi je vais bien, enfin comme d’habitude. Même si c’est dur comme je m’y attendais cela ne m’effraie pas. Et voilà encore deux filles qui m’encouragent. Elles sont vraiment sympa ! Elles me tendent de l’eau. Je bois un peu et ça repart. La moitié du chemin est fait. Dans ma tête j’anticipe et cela me permet d’accélérer un peu !: ou du moins j’en ai l’impression. Kamel me dépasse et Djamel note l’ordre de passage. Il me dit 16ème. Bon Pas trop mal. Je vais tacher de conserver cette place coûte que coûte. C’est ce que je fais. Et puis voila l’arrivée là-bas : les filles qui hurlent la caméra et même mes potes hurlent aussi. Je ne peux donc qu’accélérer. Quel bonheur. Je plane, j’ai fini . Je lève les bras. C’était génial. Michèle me trouve, comme elle dit merveilleuse. Je suis simplement heureuse !
Le triathlon est un moment plein d’émotions et c’est génial !
Merci à ceux qui l’ont fait avec moi, et à tous ceux qui nous ont encouragés.
J’ai terminé 16ème/25 en 1 heure 18 minutes. J’étais la seule femme mais mon but pour l’année prochaine est de faire encore mieux.
saida younsi
Le bonheur d'un jour de triathlon 2004!

Magnifique compétition que celle-ci où trois disciplines se sont enchainées. Je me suis classée à mon grand bonheur 13ème sur 23 avec un temps de 1 heure 18 minutes. Le 1er lui a mis 1 heure 1 minute. C'est vraiment dommage qu'hier la mer était en mauvais état : vent et vagues, alors que tous les concurrents étaient en superbe forme. Une fois à la mer, ce n'était plus de la nage mais une lutte contre les vagues et le courant. Après celà il a fallu courir environ 200 mètres dans le sable et en côte afin d'atteindre les vélos qui nous attendaient. Habituellement, au cours des entrainements les 10 kilomètres de vélo me semblent plus facile à parcourir. Vendredi, par contre j'ai mis plusieurs minutes avant de retrouver une respiration plus régulière. Sur la route, il fallait à la fois tenter de gagner des minutes en allant le plus vite possible et puis faire attention aux véhicules. Mais la course en vélo, je l'ai trouvé grisante. Sur le parcours à tous les carrefours, il y avait des membres du groupe qui étaient là pour nous encourager et nous orienter au cas où nous ne saurions pas où aller. Ce que j'ai trouvé le plus difficile a été lorsque j'ai posé mon véloet que j'ai du me mettre à courir. Mes membres semblaient ne pas m'appartenir et ils pesaient très lourd. Celà a duré quelques dizaines de minutes avant de pouvoir enfin un peu mieux gérer la course. Il faisait chaud et malgré l'eau à laquelle j'ai eu droit lorsque j'ai posé mon vélo, j'avais la gorge sèche. Je pense qu'il n'y avit pas que les conditions atmosphériques qui désséchaient la gorge et les lèvres mais l'émotion liée à cette course qui était une première pour nous tous. Et alors c'est incroyable toutes les questions qui se bousculaient dans ma tête : vais-je pouvoir terminer mais en même temps il était hors de question d'abandonner. J'ai dépassé deux copains et il était hors de question qu'il me rattrappent. Losque j'ai démarré la course à pied j'ai croisé le dernier concurrent en vélo, nous nous sommes salués et il me promettait de me rattraper ! Que de suspens : avancer le plus possible et faire que les autres ne vous devancent pas. J'étais presque tranquille lorsqu'à environ un kilomètre de l'arrivée, un concurrent me dépasse. Quelques instant après derrière moi des pas qui se rapprochent assez vite : un autre concurrent me dépasse. Et là j'étais à la fois contente parce que ce dernier en course à pied a toujous était assez loin devant moi et un peu déçue parce qu'en me surpassant un peu il ne me serait pas passé devant moi. Quoiqu'il en soit si la mère était belle aujourd'hui j'aimerai recommencer tout de suite pour faire mieux, pour mieux apprécier et pour éprouver le plaisir de l'arrivée.
Ce bonheur nous l'avons tous partagé ensemble : celui qui nous permet de réaliser nos rêves de compétition les plus fous, Nacer, tous les participants à ce triathlon et aussi tous ceux qui se sont mis à notre diposition pour que nous nous amusions tant. A tous Merci.
saida younsi
Le triathlon pour la première fois !

Et enfin le jour du triathlon 2004 arriva.
Présent sur le lieu de la compétition, mais toujours pas décidé à prendre le départ.
Je venais de passer par une angine et trois jours de fortes fièvres, mais ce matin je me sentais un peu mieux mais pas en forme habituelle.
L’ambiance qui régnait sur les lieux de départ ma encourager à participer malgré la méforme affiché, je tenais à faire la compétition.
Et c’est La première épreuve de natation, la mer est mauvaise, énormément de vagues, beaucoup d’efforts pour se déplacer dans l’eau, à un certain moment je me demandait si je pouvais atteindre la bouée ou abandonner, je luttais contre les vagues, en perdant beaucoup de force, mais des le contournement de la bouée, j’étais plus encouragé à aller jusqu’au bout en prenant la ligne droite vers la plage.
Arrivé sur le sable j’étais à bout de force, le trajet de la plage au départ vélo était interminable, et en plus j’étais en bon dernier, il n y avait personne derrière moi, le seul vélo qui restait était le mien, je n’étais pas du tout gêné, ce qui comptait pour moi c’est commencer les épreuves et les terminer.
J’arrivais difficilement à donner les premiers coups de pédales, le fourgon faisant partie de l’organisation de la course et qui avait pour charge de fermer la course était près de moi, son conducteur Mustapha Taguet et son compagnon m’ont encouragé beaucoup tout au long du trajet, ce qui m’a donné encore plus de stimulants, je ne voyais aucun concurrent, ils étaient bien en avance, le seul concurrent que j’ai dépassé u niveau de moretti avait une panne grave de vélo, le pauvre etait en position d’abandon, en le dépassant je l’ai entendu injurié son vélo.
J’ai terminé difficilement l’épreuve de vélo, arrivé à sidi-ferruch et en commençant la 3eme épreuve de course à pied, je ne sentait plus mes jambes, Mustapha Taghet sur son m’encourageait toujours par la parole et en m’alimentant en eau, après 3 km de course je voyais pour la première fois de loin un concurrent me devançant, alors à ce moment Taghet m’a demandé plus d’efforts pour rattraper ce concurrents, avant de faire la boucle de moretti j’ ai croisé les premiers concurrents sur le chemin de retour, je m’approchais de plus en plus du concurrent, je me suis dit j’ ai une chance de ne pas être dernier, et je faisais de plus en plus efforts, je l’ai eu au 1er tournant de la boucle de retour,c’était mon ami Rabah Kerrar, on a couru ensemble pendant une longue distance, mais sur la descente je me sentais plus à l’aise et j’ai sprinté en le laissant loin derrière mois, la ligne droite vers l’arrivée était interminable,
Et enfin c’est l’arrivée, un temps de 1 H 27 et 19 eme au classement, je suis soulagé par un bonheur immense d’avoir réalisé le triathlon pour la première fois.
Je tiens à saluer nos amis, qui ont tenu à être présents au niveau de l’organisation des courses, par leur travail remarquable, leurs patiences, leurs encouragements tout au long du parcours et particulièrement Mustapha Taguet en fermant la course avec son fourgon m’a accompagné et encouragé pendant l’ensemble de deux épreuves vélo et course à pieds.
Merci à tous et à l’année prochaine.R.Fraoui
Le semi-marathon d’Alger s’est déroulé le 3 Juin 2004.
Et quel bonheur que de s’entendre dire que l’on est arrivée première dans la catégorie 40-50 ans avec un temps de 1 heure 49. Je crois que c’est vraiment la première fois que je suis aussi heureuse de terminer et de cette façon. Je crois que cette fois j’ai constaté que j’ai chaque fois besoin de sentir le stress de la course, le cœur qui bat la chamade juste avant d’entendre le signal du départ. D’avoir le souffle coupé par l’émotion pendant le premier kilomètre ! Et enfin quel bonheur quand la ligne d’arrivée est à portée du regard.
Il y a 5 ans que ce semi n’avait pas été renouvelé pour des raisons de parcours et cette année enfin il a à nouveau lieu avec un parcours un peu différent.
Dans la nuit du 2 au 3 Juin, le vent se lève enfin , la journée précédente avait été très chaude. Ce souffle dehors alors que je ne suis pas encore levée me réconforte, je me dis que ce sera faisable. Notre course est prévue en après-midi, 15heures 30, c’est-à-dire le moment le plus chaud de la journée.
La matinée s’écoule normalement, pendant que dans ma tête je monte une stratégie de course. Aller lentement au départ, le temps de laisser passer l’émotion du début, accélérer dès que je sentirai que cela est possible et ralentir sans ne jamais marcher –promesse faite à moi-même dès que j’ai décidé d’y participer. Cependant de temps en temps je sens mon cœur battre un peu plus vite que ne l’exige l’effort du moment. Je me raisonne alors : le parcours n’est pas trop difficile , pas de côtes longues ou marquées.
Deux heures et demi avant le départ je quitte la maison pour aller vers le stade d’où sera donné le départ. Il est situé dans une commune à l’est d’Alger à Dar-El-Beida tout près de l’Aéroport d’Alger. J’aime beaucoup cette ambiance où je suis certaine de retrouver les personnes que j’ai l’habitude de rencontrer sur les lignes de départ. Et c’est le cas, je retrouve des amis que je n’avais pas vus depuis longtemps. Les retrouvailles, les nouvelles des uns et des autres, les pronostics… Pendant ce temps je sens mon cœur …mes jambes tremblent…
Il fait très beau, chaud mais une petite brise nous sèche dès que nous nous aspergeons d’eau
Et enfin on nous appelle au micro pour nous rapprocher de la ligne de départ. Quelques instants de flottement, le temps de sentir mon cœur battre très fort et hop, c’est le départ.
C’est le souffle court que je démarre . Nous sommes tous à nous frayer un chemin au milieu des autres et progressivement la chenille s’allonge.
La course est ouverte aux handicapés mais c’est la première fois que je rencontre un non-voyant. Il est accompagné de son guide.
Puis concentrée sur le parcours je continue d’avancer…
Je m’amuse à me fixer des objectifs à atteindre à dépasser alors que le parcours s’allonge sur l’ancienne route de l’aéroport qui, avant,était bordée de palmiers et qui se trouve maintenant longée par des constructions à n’en plus finir. Nous passons parfois dans des zones où il y a peu de monde : certains sont complètement indifférents à la course d’autres applaudissent et encouragent … certains et c’est même amusant, lorsque j’arrive derrière un concurrent que je vais dépasser, les spectateurs le préviennent : « attention derrière toi ! ». Ca m’amuse parce qu’en fait, je suis persuadée que les gens qui nous regardent ne savent pas comment m’encourager ou n’osent pas parce que je suis une femme. Il faut dire que dans ce genre de manifestation, les femmes restent très peu nombreuses. Tiens ! nous arrivons à El-Harrach, j’en profite pour courir à l’ombre des immeubles, je passe même derrière les spectateurs qui suivent la course puis, je dois rejoindre le milieu de la chaussée. Et comme il y a beaucoup d’hommes, d’enfants, d’adolescents, je crains un peu qu’ils me pincent… les fesses. Alors malgré moi, j’accélère un peu.
Cette partie du parcours est exactement celle d’il y a cinq ans. Quel avantage, j’ai en tête le profil du parcours maintenant. Ce n’est que du plat. Sur les trottoirs il y a maintenant beaucoup moins de monde et certains hommes ont des bouteilles pleines d’eau et proposent de nous asperger. Moi j’accepte de mettre de l’eau dans ma casquette Oh tiens par là de la musique : un mariage est célébré. C’est la fête et la musique est entraînante : une raison pour se réveiller. Ouf ! subitement je me rends compte que j’ai les jambes très lourdes, j’ai l’impression d’avoir ralenti. Je me remets à la course et j’aperçois enfin une personne que je souhaitais dépasser depuis un moment. Il est au moins aussi fatigué que moi. C’est donc le moment d’aller de l’avant. Et puis le « Jardin d’Essai » sur ma gauche. Après une boucle de quelques quatre kilomètres, l’arrivée se fera de l’autre côté de ce jardin. Le « Jardin d’Essai », j’y suis venue lorsque j’étais petite, j’y ai amené mes enfants dans leur poussette. Un superbe endroit où il y a des arbres rares et tellement anciens… J’aime beaucoup ce lieu où je trouve les couleurs magnifiques. Eh bien voilà j’ai pas mal avancé. J’arrive rue Hassiba Ben Bouali, une rue très large où habituellement il y a beaucoup de bruit tant il y a du monde à pied et en voiture. Oh je reconnais cette personne juste là devant moi, nous courons côte à côte pendant un moment : je lui parle de mes crampes aux mollets. Nous sommes à une heure trente du départ. Il est temps que je me bouge. Je souhaitais boucler la course en une heure quarante cinq… Vais-je y arriver ? J’essaie de trouver l’enjambée qui me fera le moins souffrir. Ca y est, je l’ai. L’arrivée n’est plus très loin. Trois kilomètres environ. Je fausse compagnie à ce concurrent sans prévenir.
Certains coureurs qui se laissent dépasser sont ensuite pris au jeu. Ils s’accrochent , dépassent, se laissent dépasser… Ca y est la porte du haut du jardin d’essai. C’est le moment de gagner tout ce que l’on peut gagner j’accélère, mes jambes répondent… Le « stade du 20 Aout » est là, c’est là qu’est fixée l’arrivée. Surr la piste plus que deux cents mètres… Je dépasse deux coureurs, j’accélère, j’arrive très vite… Enfin, j’en ai l’impression… C’est fini, quelqu’un note mon numéro de dossard 61… JE SUIS HEUREUSE.
A quand la prochaine course ? Je vais retrouver mes amis sur les gradins du stade.
SAIDA YOUNSI
Ils l’ont fait ! Et ils étaient nombreux. Et ils étaient tenaces. Et ils étaient têtus. Et ils étaient performants !
Ces gnous, c’est mon club. Ils ont très nombreux à en être, elles sont trop peu nombreuses. Mais comme prévu, ce vendredi 9 juin 2006 à 6 heures 50 les gnous, environ 40 ou peut-être 45 dont une seule femme, ont quitté leur forêt pour prendre la route afin de réaliser un rêve auquel certains croyaient et que d’autres appréhendaient comme une inconnue. Il faisait beau, pas trop chaud. Je ne courait pas cette fois. Je les ai accompagné jusqu’à l’orée de la forêt, notre forêt. Je les trouvait magnifiques, tous, pas trop bavards. Peut-être, sans se l’avouer, ou en le cachant soigneusement aux autres, ils devaient se poser la question, celle que chacun se pose la première fois ! est-ce que je pourrait terminer ?
Je les ai observé pendant leur course. Les cinq premiers kilomètres ça montait un peu, ils étaient tous regroupés. J’étais de l’autre coté de la route. Les gnous sont passés. Puis, j’ai pris de l’avance, les ai devancés en voiture pour les voir arriver de loin. Comme c’est impressionnant. Ils portent bien leur nom : les gnous. De loin, au ras de la route, des casquettes ondulaient et ondulaient encore. Puis ces petits points ont grossi et encore grossi jusqu’à les distinguer très nettement. Il sont arrivés à mon niveau. Boualem était là aussi et nous les avons encouragés, jusqu’à ce que le dernier nous dépasse. Le premier point de rafraîchissement n’était plus très loin. Nous l’avions prévu au « 10km ». Au fil de la course, un premier peloton, formé de 6 ou 7 personnes à l’avant puis derrière de façon plus ou moins proche par groupes plus petits mais de forces à peu près égales suivaient, ensuite par deux puis les derniers se retrouvaient seuls.
C’est la première fois que je regarde courir les autres. J’avoue que c’est superbe de pouvoir envisager ce que chacun pouvait se dire ou toutes les hésitations qui pouvaient envahir d’autres. J’en ai vu ralentir, pas très convaincus : arrêter ou continuer ? Oui mais ils étaient superbes, têtus tous autant les uns que les autres. Cela paraissait très dur pour quelques uns. Mais c’est toujours comme ça un marathon, comme toutes les courses d’ailleurs. Plus ils se rapprochaient de l’arrivée, plus les coureurs étaient éloignés les uns des autres. Le peloton de tête est malgré tout resté bien dense.
L’arrivée de ce marathon où il n’était pas question d’enregistrer des records était prévue à Bouharoun, un petit port de pêche situé entre Bou-Ismail et Tipaza. Ce petit village est connu pour ses petits restaurants, sur le port, où les citadins viennent manger du poisson.
Ca y est les champions ont presque atteint leur but et avec un magnifique chrono. Les premiers n’ont mis que 3 heures trente.
Avant le départ la consigne était de s’arrêter 4heures trente après le départ et d’accepter de monter dans les véhicules chargés d’escorter les coureurs.
Bien que la fatigue se lisait sur certains visages, cette espèce de lassitude sur d’autres tous les gnous ce jours là étaient fiers d’eux-mêmes. J’étais contente pour eux. Et j’étais certaine que tous sans exception étaient capable de terminer un marathon.
Ca y est c’est fait nous décrétons que le marathon sera dorénavant inscrit dans le programme de notre club au même titre que le challenge des trois courses 10, 15 et 20 kilomètres que nous organisons chaque année.
Lorsque, la course terminée, nous sommes remontés en voiture pour regagner notre forêt, comme la route nous a paru longue !
Bien que je n’ai pas couru ce jour là, je suis rentrée chez moi, fatiguée mais contente du reste de mon troupeau !
Saida Younsi
C'est le ventredi 9 juin 2006.
Alors pas du tout préparé pour une telle compétition, je tenais à participer et aller le plus loin possible. Il fallait surtout dépasser les 26 km de la course Must Boumerdes qui est une distance record pour moi, mon objectif était de faire au moins 30 km.
Le circuit est le suivant : Départ de la forêt de Bouchaoui, prendre l'autoroute en direction de Ben aknoun, jusqu'à un peu plus que la station d' Elbahdja, revenir en sens inverse sur le même axe dans la direction de Tipaza, en passant sur l'autoroute par Zeralda, Douaouda, Fouka, Bousmain et enfin l'arrivée à Bouharoun centre.
Le départ est aux environs de 7h du matin, la course a commencé lentement, c'est après 10km de course que l'efritement et l'espacement des athlètes a véritablement commencé, les athlétes s'éloignaient les uns des autres.
A l'approche de Zeralda, les choses sérieuses arrivent, les jambes s'alourdissent, la chaleur, la soif, heureusement que l'organisation était parfaite, on était alimentait par des rafraîchissements tout les 5km (eau, dattes, orange...).
J'ai fait un long parcours avec Kamel Senoussi, à l'approche de Douaouda je rencontre Mustapha Merzoug, on fait ensemble une longue distance, à un certain moment son fils qui faisait partie de l'organisation, sort de la voiture deux petites bouteilles de jus spécialement préparés pour la circonstance (mélange jus de citron et miel), mon ami Mustapha m'a offert une bouteille qui m'a énormément fait du bien ("je te remercie Mustapha"), on a continué ensemble jusqu'à Douaouda, puis j'ai continué tout seul.
Mes jambes devenaient de plus en plus lourdes, mais je voulais à tout prix arriver à Fouka marine, comme ça j'aurais bouclé les 30 km, je suis arrivé tant bien que mal à Fouka, et je me suis dit pourquoi ne pas continuer jusqu'à Bousmain, ce que j'ai fait mais dans la souffrance car maintenant mes jambes étaient paralysées.
Entre Fouka et Bousmain, Saida Younsi notre medecin, ce jour là elle s'est consacrée pleinement pour l'organisation et la prise en charge de l'aspect médical des blessures dus à la course, elle était partout, avec sa Chevrolet toute neuve, en train de soigner tout les bobos.
A mis chemin entre Fouka et Bousmain, je rencontre Samia en train remonter le moral de son ami, d' un certain âge (je me rappelle pas son nom), qui était allongé à même le sol de fatigue, Samia qui a crée beaucoup d'ambiance avec son vtt, sa belle tenue cycliste et ses gestes d'apprentissage en vélo (c'est une impression), je me suis arrêté pour m'informer de l'etat du blessé, ce n'est pas grave, Samia m'a invité à prendre une gorgée de sa gourde (elle m'a parlée d'un mélange dont je me rappelle plus), j'ai fait une centaine de mètres en marchant puis j'ai repris difficilement ma course.
A l'entrée de Bousmain juste au niveau de la station de bus, je me suis mis a marcher, mes jambes ne répondaient plus, et j'avais énormément soif, heureusement pour moi je vois arriver Bachir Djeribi, il était en vélo ce jour là, je lui fait part de mes problèmes, il a sorti une sorte de bombe magique de sa trousse, il m'a exercé des pressions de ce liquide vaporisé et glacé sur mes mollets, ça m'a fait beaucoup de bien, et comme j'avais énormément soif, j'ai demandé de la monnaie à Bachir pour acheter une bouteille d'eau (je te remercie Bachir, tu m'a aidé au bon moment).
J'ai acheté la bouteille d'eau au premier commerçant de la ville, je marchait sur le grand boulevard de la ville tout en prenant de petites gorgées en tenant soigneusement ma bouteille glacée, à ce moment j'entendait des cris de détresse qui venaient de derrière (Rachid! Rachid!), c'etait Rabah Kerrar et Kamel Ghili, en fait ils avaient tellement soif qu'ils voyaient la bouteille que je tenais comme une délivrance, on a marché ensemble tout le long de la ville tout en partageant la bouteille d'eau glacée, en toute sincérité j'était décide à prendre le premier véhicule de l'organisation venu, mais en fait aucune voiture n'est passée à ce moment.
A la sortie de Bousmain, des jeunes nous ont encouragés, et nous ont dit que finalement ils ne restaient que 6 km jusqu'à l'arrivée, on a pris du courage et on a repris difficilement la course,après 3 km de course, mes deux partenaires ont demandé à reprendre la marche, mais moi j'ai préféré continuer dans la douleur, la vue de la ville de Bouharoun et la longue descente vers cette ville m'ont encouragé à aller de l'avant dans la souffrance.
Je suis finalement arrivé sous les acclamations de tous nos amis,ce qui m'a fait énormément plaisir, le temps était de 4h 23mn.
c'est un véritable défit, je m'attendais pas du tout à terminer entièrement la course, l'arrivée fait vraiment du bien, c'est une sensation unique.
Je termine en lançant un grand bravo à tous nos amis qui ont participé à l'organisation, ils étaient présent à tout moment et je pense que c'est grâce à eux, par leurs apports,leurs encouragements et leurs services qu'on a pu terminer la course.
A l'année prochaine.
RACHID FRAOUI
Cette année c’était le 30 juin 2006
Nous n’avons quasiment pas pu nager tous ensemble avant ce triathlon !
La grosse appréhension c’était pour les uns la houle et les vagues, pour les autres, comme moi, les méduses.
Finalement, il n’en fut rien. Il faisait beau, la mer était belle, ce vendredi là, pas de méduses en vue. Par contre cette année il y a eu un véritable engouement pour cette compétition. 39 athlètes au départ avec une femme seulement, alors qu’il devait y en avoir au moins trois. Toutes les nouvelles personnes qui sont venues sont des athlètes dont certains de performance. Et c’est ce qui me plait dans cette « discipline » c’est que la distribution des cartes est chaque fois refaite. Nous devions donc faire un peu moins de 700 mètres de natation en mer, 10 kilomètres à vélo et enfin 7 kilomètres de course à pieds.
Jusque là, notre club, le BAC a organisé un triathlon par an et nous sommes à la troisième année. Et cette fois, la fondation « Slimane Amirat » nous a sponsorisé. Pour mémoire, Slimane Amirat est un révolutionnaire qui s’est engagée pour l’Algérie lorsque les français l’occupaient ; et le 30 juin est l’anniversaire de son décès.
Le triathlon étant un évènement sportif particulier, le 30 juin était jour de fête. Nous étions très nombreux ce matin là. En plus des participants, de nombreux membres du club étaient là pour assurer la logistique, des membres de la fondation Amirat aussi. Il y avait du bruit, des rires, des cris un chahut pas possible avant qu’enfin les dernières consignes puissent être données avant le départ.
Il est presque neuf heures quand le signal du départ est donné. Nous étions tous alignés sur la plage , et c’est la ruée dans l’eau. Imaginez des gnous aller à l’assaut… Comme d’habitude, je cherchais à garder mon calme mais ma tête était ailleurs. Quelques jours plus tard j’aurai une longue distance, soit 16 kilomètres de nage à parcourir dans la baie d’Alger ! Cette idée m’a dérangée pendant toute l’épreuve de natation. Je respirais difficilement et j’ai mis longtemps avant de rattraper ceux qui m’avaient précédée. Finalement ma sortie de l’eau s’est pas mal faite puisque lorsque je suis passée devant Hakim, juste avant d’arriver sur l’aire de parking où attendaient nos vélos, il me lance : « Saida, 13 minutes ». J’estimais que c’était pas mal. Je me jette ensuite sur mon tee-shirt, mon casque, que j’enfile, me rince les pieds avec la bouteille d’eau que j’avais posée juste à coté. Elbie était là et m’a donné un petit coup de main. Puis très vite, chaussettes et baskets puis j’enfourche mon vélo, encore haletante. Et me voilà partie. Cette année je me suis permise un nouveau vélo, plus léger et plus performant. C’est le moment de le mettre à l’épreuve. J’ai parcouru environ 2 « bornes » quand Nasser me rattrape et me lance quelques mots d’encouragements et le meilleur… et là alors, je suis sure que je « marche » mieux que les fois précédentes, Chakib me rattrape à environ mis parcours. Je me sens bien à l’aise sur mon vélo mais j’ai la bouche et la gorge trop sèches. Ma gourde est si difficile à décrocher que je préfère laisser tomber ! Quel bonheur quand, à pratiquement 2 kilomètres de l’arrivée de l’épreuve vélo je vois me dépasser Said et là cette fois je me complais dans ma position je tente d’accélérer tout en sachant que le plus difficile est à venir. Effectivement, lorsque je suis débarrassée du vélo et du casque le début de la course est vraiment difficile, tous mes muscles sont complètement raidis, mais je sais que cette phase va s’estomper dans un petit moment. J’ai très soif. Redouane arrive à ma hauteur. Et … Oh, la la comme une flèche un coureur nous dépasse après deux kilomètres, on dirait qu’il vole. C’est extraordinaire, comme s’il n’avait pas fait les deux épreuves précédentes. Lui, c’est un athlète de performance et spécialisé dans le 10000 mètres. Puis, 500 mètres plus loin, pareil, un autre athlète. Je suis contente parce que cela m’encourage pas mal, j’étais devant eux ! Puis, tant bien que mal, je continue de courir, enfin, un point de rafraîchissement : de l’eau ! mais très vite j’ai encore soif. Je m’aperçois que vraiment je suis très lente, deux ou trois personnes m’on dépassée. J’essaie de faire des calculs, puis, à quoi bon… Il me reste environ deux kilomètres à parcourir quand Wahid me dit : « tu es 22ème « . Je ferai avec jusqu’au bout. Je me sens totalement épuisée. Pour l’épreuve de course à pied, je suis loin d’avoir fait mieux. J’ai encore à faire et à améliorer , ce passage vélo course à pieds. Mais quelle joie de terminer sous les applaudissements et les encouragements des gnous organisateurs. Je les remercie d’ailleurs tous vivement et espère que l’année prochaine ils seront parmi les concurrents !
J’ai terminé 22ème et me suis classée première et dernière chez les filles !
Le groupe avec lequel je cours régulièrement a organisé une randonnée pédestre sur les hauteurs de Cherchell, ville antique de la côte algérienne. En effet, nous nous sommes rendus à Cherchell, jeudi dernier, le dernier de l'année 2006. Nous étions en famille, avec les enfants. Ce jour là il faisait un temps de carte postale : ciel bleu, pas de vent, une mer plate comme un miroir. Nous nous sommes rendus sur la place de la ville, avons visité les deux musées de la ville, très riches en statues et mosaïques antiques. Ensuite nous avons escaladé la colline sur laquelle s'adosse la ville. Parvenus sur un plateau surplombant Cherchell et son port, nous avons pris notre déjeuner avant d'amorcer sur un pas rythmé notre redescente vers la ville. Magnifique souvenir de la fin de l'année 2006:
Saida Younsi
Journée internationnale du Sida
Le 1er Décembre, journée internationale de lutte contre la propagation du SIDA. Une course, de 5 km, dans les rues d'Alger a été organisée par un syndicat d'infirmier. Les coureurs du BAC y ont participé en nombre. Notre façon à nous de dire que nous sommes très conscients de cette dramadique épidémie qui s'étend insidieusement.
Saida Younsi
He ! les gnous ! Nous sommes tellement nombreux maintenant et tellement friands de repas conviviaux, qu'il va falloir, pour la prochaine fois trouver une salle plus grande pour tous nous contenir. Jeudi soir nous avons passé un très agrébles moment. Merci à tous ceux qui étaient là.
Saida Younsi
Course de l'Amitié Algero-Française
Très bonne idée que des français du sud de la France viennent courir avec nous sur nos routes. Mon club, celui de Bouchaoui a été convié afin que nous soyons nombreux à participer à cette course de 15 kilomètres. Le trajet, très agréable, est la route du bord de mer. Le départ a été fixé au stade de Zéralda et l’arrivée sur le port nouvellement aménagé d’El-Djemila (ex La Madrague). Le circuit nous l’avons déjà fait en d’autres occasions. Les français sont arrivés deux jours plus tôt à Alger. Leur délégation était environ pour la moitié formée de sportifs de plusieurs disciplines. J’ai pu rencontrer des coureurs, marathoniens dont Benoît Z., le Français qui, en 202 a remporté le marathon de Paris alors que je faisais mon premier marathon et mon premier Paris ; il y avait aussi des marcheurs. Pendant l’échauffement, avant le départ, à Zéralda, j’ai eu l’opportunité de trottiner à coté d’un marcheur (le père). Il m’a appris qu’il était venu à la marche par son fils qui l’est aussi et qui est champion de France. C’est pas mal que de temps en temps, les parents puissent profiter de ce que font leurs enfants. Il y avait donc aussi en plus des coureurs des rugbymans entre autres ! Pas mal ainsi tout le monde pouvait être rassuré : il ne s’agit pas d’une course de performance mais seulement d’une course pour créer des rencontres ! Et c’est ce qui fut ! Ce matin là, il faisait très gris, des gouttes de pluie même, pas chaud du tout. Tous les ingrédients pour une bonne course étaient réunis. Nous avions rendez-vous à La Madrague, point d’arrivée à 7heures45. Un car devait nous transporter au stade de Zéralda, départ de la course. Quelle magnifique surprise de trouver le revêtement de ce stade entièrement refait. Quatre mois plus tôt, c’était un terrain de tuf et aujourd’hui c’est du gazon artificiel. De jolies couleurs. Un stade vert et la piste autour rouge. La fête a vite commencé. Retrouvailles avec d’autres coureurs et ce magnifique déploiement d’athlètes vêtus de toutes les couleurs. On aurait dit des abeilles échappées d’une ruche : du bruit partout et des personnes allant dans tous les sens. Cette ambiance reste vraiment très particulière. Et… plus le temps passe et plus les personnes se calment, s’isolent et font le va-et-vient au toilettes ! Enfin, on nous demande de nous regrouper avant le signal du départ. Et chaque fois cela me fait penser à un troupeau d’étalons ou de gnous que l’on parque derrière des barrières. Ces gnous piétinent, trépignent avant que l’on ne les libère. C’était magnifique, parce qu’avant que l’on ne nous libère il y avait une musique emballante qui était diffusée à tue-tête. Pas mal comme échauffement que de sautiller au rythme de la mélodie. Et les cœurs s’emballent, ils sentent le départ imminent, et cela même si c’est une course juste pour le plaisir !
C’est dans l’allégresse que le départ est donné : chansons, applaudissements et rires. Notre route était bien balisée, par les personnes chargées de la sécurité. Les automobilistes étaient arrêtés sur les bords de la route, qui applaudissant, qui lançant des mots d’encouragement. Ensuite la route vient à nous à chaque enjambée et c’est chacun pour soi… Je suis toujours surprise par le départ. Je ne me bouscule jamais et ensuite je suis étonnée de rattraper certains. Ensuite c’est le jeu des objectifs que je me fixe : rattraper la personne qui est en point de mire puis la dépasser et surtout le plus difficile maintenir l’avance prise. Et cela a été ainsi tout le long. Cette route que je connais bien. Quand j’étais jeune, je passais mes vacances à El-Djemila. Nous nous y baignions tout l’été. Et quand nous pouvions nous échapper, c’est à vélo, que nous allions le plus loin possible. Et un jour le plus loin a été Zéralda. En courant c’est tout cela qui revient en mémoire. Bonne occupation pendant la course ! Je suis certaine que je devrais, pour aller plus vite ne pas me laisser envahir par toutes ces idées. Mais c’est ainsi. Je cours après tout pour le plaisir. Eh bien lorsqu’une personne me dépasse, c’est ce que je me dit. Et le plus important est de terminer sur mes pieds. C’est ainsi que les kilomètres ont défilé, jusqu’à ce que j’arrive à proximité de l’arrivée. Belle esplanade où des tentes étaient montées. Des résultats étaient annoncés au micro. Mais l’impression que j’ai en arrivant c’est que ma course c’est la mienne et chacun a la sienne. C’est un peu comme si j’arrivais la première d’un groupe formé juste par moi.
Et les autres ? Eh bien eux aussi arrivent dans leur propre groupe, et ils sont évidemment premiers. C’est ainsi que je vois le sport et les courses et les routes et les kilomètres ou les centaines de kilomètres que j’ai pou parcourir pour le plaisir et rien que pour cela, depuis tant d’années. Et d’ailleurs, je m’arrête là. Il fait beau et je vais aller courir dans la forêt des gnous.
SaidaYounsi
Quelle belle course que ces 20 kilomètres courus hier, 12 janvier 2007, coïncident avec Yennayer 2957 ! La masse compacte des coureurs rassemblés en peloton au départ de la course se dénoue très vite comme le nœud d’un ruban que l’on défait. Peu à peu puis très vite, ce ruban s’allonge le long de la route – de l’autoroute – au bord de laquelle nous courrons, au fur et à mesure que les plus rapides distancient les plus lents. Des petits groupes se forment puis se déforment comme autant de petits nœuds de ruban, qui continue à s’allonger indéfiniment comme un élastique qui se tend, se tend encore mais ne se rompt pas. A l’arrivée de la course, cet élastique se détend enfin pour retrouver sa forme initiale compacte que constituent les coureurs plus ou moins éprouvés, qui satisfait de l’effort accompli ou de la performance, qui reprenant son souffle, qui assistant les derniers arrivés ou le petit comité d’organisation. Parions que parfois pour « gagner » du temps, certains se mettent à grignoter une partie de la distance en « coupant », remontant ainsi des concurrents qui se retrouvent rétrogradés de fait. Certes, la course n’ayant aucun caractère officiel, est après tout une fête comme rappelée par Nasser avant le départ. Peut-on alors admettre que pour partager ces moments de fête en courant avec ses amis, un concurrent ou une concurrente soit tenté de s’en rapprocher plus vite que ses capacités physiques ne le permettent ? Si tel est le cas, alors de grâce, en glanant ainsi quelques places, ce concurrent ou cette concurrente pour ne pas être déloyal devrait demander de son propre chef à être déclassé pour être considéré comme « hors concours ». Ces challenges, outre l’effort sur soi qu’il entraîne, doivent demeurés des moments de fête conviviale, de plaisir partagé, dénués de tout autre enjeu que celui de courrir pour sa propre santé.
Farid Younsi
Challenge 20 km 12 janvier 2007
C'est terrible. Je crois que c'est la troisième année consécutive que je cours le challenge des gnous. La première année il y avait une pléthore de gnous sur l'accotement qui en regardait quelques uns courir. Maintenant plus personne à regarder, tout le monde court. Alors vendredi 1er Yennayer, tous les gnous étaient sur la route et même qu'il y avait des invités ! Cependant je remercie vivement pour ma part et pour ceux qui ont omis de le faire, Karim, toujours là au départ et à l'arrivée ;
Karim à l'arrivée
Bahia qui a été très sympathique, Aziz, Mohamed et Youcef, Bachir ainsi qu'une personne qui m'a donné un verre d'eau au 15ème et que je ne connais pas. C'était donc un 20 km. Lorsque j'en parle, c'est un peu comme si c'était une banale distance. D'ailleurs j'ai comme une envie de nouvelles folies. Et le biathlon dans un mois tombe très bien. J'ai apprécié toutes les petites histoires de coulisses. Parce que même si je cours de moins en moins bien et de moins en moins vite, je vois de mieux en mieux les non-dits. Alors l'anecdote du 20 km c'était Krimo et Hakim. J'avoue que je suis un peu triste pour Hakim, il est en baisse de forme depuis qu'il a cette douleur dans la cuisse. Krimo par contre pète la forme et leur duel avait commencé dans leurs têtes. C'est génial tous les calculs que nous pourvons faire ! A chacun ses objectifs. A l'arrivée d'ailleurs Hakim était heureux d'avoir terminé avant son rival qui est d'ailleurs très prometteur. Alors je vous dit à la prochaine anecdote.
Saida Younsi
Notre biathlon s’est tenu le vendredi 16 février 2007, à Bouchaoui ! Nous l’avons nommé biathlon, mais c’est une erreur. Un biathlon est une épreuve de ski de fond entrecoupée de tirs au fusil. Je me permets donc de renommer cette épreuve « Vélopède » . J’espère que ce nom de baptême sera retenu pour l’avenir ! Vendredi « tait une journée magnifique, fabuleuse. Un temps de carte postale : pas de vent, ciel bleu, soleil. Un terrain génial : des côtes, des descentes de la boue, du sable et de l’eau. Juste ce qu’il faut pour qu’à la fin de l’épreuve nous soyons assez sales pour ressembler à des gens qui ont fait du cross. C’était donc 10 kilomètres à vélo et 6 environ à pieds. Nous étions 34 concurrents au départ, alignés derrière un ruban. Dès que le départ a été donné, la ruée ! Très vite nous étions presque en file et à quelques mètres du départ trois ou quatre personnes se sont étalées les une sur les autres. Mais pas de souci pour eux, c’était les meilleurs et très vite ils se sont mis debout, ou plutôt à califourchon sur leur selle pour aller à l’assaut des premières places.
Dur, difficile d’être sur sa selle. Pour ma part le plus dur ne sont pas les côtes, en danseuse, j’arrive à bout mais la peur des descentes. J’ai toujours peur de tomber. Comme je me connais bien donc tout ces étalons sont partis et il restait comme concurrents quelques personnes qui avaient peur des côtes. Donc pendant un moment nous jouions à nous rattraper qui en côte, qui en descente. J’ai vraiment adoré ce parcours : sentier de sous-bois, un petit ruisseau à traverser : d’abord très étroit puis au dernier passage beaucoup plus large. J’ai enfin terminé ma troisième boucle à vélo. Je laisse donc tomber mon vélo et Farid Ferrag que je remercie infiniment l’a attrapé avec mon casque, ma veste et mes lunettes. Oui, des lunettes que je mettais pour la première fois. Le petit Youcef me les a offertes. Je n’avais jamais mis de lunettes pour faire du vélo. Mais j’ai bien fait, elles m’ont été très utiles. Dans une des descentes un petit caillou a sauté et est venu percuter le verre droit de mes lunettes. Heureusement qu’elles me protégeaient ! Après le vélo, dans cette épreuve de Vélopède vient la course à pieds. Comme c’est dur de se mettre à courir, mes jambes tournent en rond ! Quelle drôle d’impression. J’ai eu la chance d’avoir à ce moment là Samia qui a trotté à mes côtés : c’est réconfortant. A ce moment je savais bien qu’il me restait encore de la difficultés mais ce qui m’a traversé l’esprit c’est : « comme c’est dur ! Mais comme j’aime cela ». Mais je crois savoir pourquoi cette magnifique impression, ce sentiment de grandeur : nous sommes finalement peu à faire ce genre d’épreuve. Chez les gnous nous sommes très nombreux à courir, plus de cent maintenant, mais combien multiplient les difficultés. Finalement je crois que j’aime beaucoup la difficulté, cela me permet de savoir que quoiqu’il arrive j’ai encore la force de faire plus ou plus dur. La seconde boucle à pieds se passe mieux mais indéniablement la fatigue se fait sentir. C’est presque la fin et les personnes du groupe qui s’étaient mises sur notre parcours pour voir si tout allait bien m’ont bien encouragée. Devant moi, à environ deux cents mètres il y avait Mustapha que je n’ai pas pu rattraper. Et, là-bas, c’est l’arrivée. Je les entends m’encourager. Quel bonheur ! Je crois que je n’ai pas les mots pour dire mon bonheur, l’exaltation que l’on peut ressentir après une épreuve pareil. C’est comme si je volais, je me sens des ailes. Et déjà, je pense à la prochaine épreuve de Vélopède. Mais si nous avons pu tant nous éclater et nous amuser comme une bande de mômes lâchée dans la foret, c’est grâce à tous ceux qui nous ont assisté et encouragés et que je remercie du fond du cœur.
Saida