Historique

Présentation  de l’Association BAC :

La récente création de notre site Internet nous donne l’opportunité de présenter notre association, dénommée Bouchaoui Athlétique Club, concernant ses principaux domaines d’activités, sa  composante humaine et les objectifs visés. Nous donnerons, aussi, un aperçu sur les circonstances de la création de notre Club et sur le laborieux cheminement qu’il eut à suivre depuis sa naissance.

Très riche en évènements, ce cheminement qui ne fut nullement dénué d’embûches, mais qui fut, également, souvent une source de tant de satisfactions et de plaisirs, sera  subdivisé  en trois principales parties : la première se confondant avec les années difficiles où la pratique du sport de loisir représentait un luxe inaccessible, la deuxième correspondant à une zone de turbulence interne, issue d’un déplorable malentendu  et la troisième, l’actuelle, qui connaît une certaine stabilité grâce à un second souffle salvateur.

Particularités :

Le Club (BAC) est une association  à caractère sportif et culturel avec une tendance à la protection et la préservation de l’environnement naturel, particulièrement, celui de la forêt du chahid Amar BOUCHAOUI. Il est, actuellement, formé d’un groupe de personnes ayant pour motivation principale, la pratique du sport en tant qu’athlètes, au sein d’un ensemble où la discrimination sous toutes ses formes est, totalement, bannie, notamment, lorsqu’elle s’appuie sur l’âge, le sexe ou le statut social.

Au sein de ce Club, nous sommes une bande de copains, composée d’environ cent cinquante « jeunes » adhérents, dont l’âge varie, entre 24 et 70 ans, tous  avides de sensations fortes, pour peu qu’elles soient l’émanation d’une longue marche à pied ou d’un bon rythme de footing, agréablement, pimenté  par un sympathique esprit de compétition.

Le programme de nos activités sportives et culturelles, établi annuellement, comporte, principalement, en plus des trois entraînements hebdomadaires qui forment son soubassement, l’organisation des courses à pied, libres ou de compétition, sur diverses distances, allant de 10 à  42 Kms, des randonnées pédestres ou en VTT, à travers les différentes régions d’Algérie, des sorties récréatives et des rencontres familiales autour de repas conviviaux.

Ne disposant pas encore de siège social, nous avons élu Bouchaoui, comme lieu de rencontre pour les membres de notre association. Nous sommes, d’ailleurs, sentimentalement attachés à cette forêt sans laquelle, nous n’existerions, certainement pas, aujourd’hui, en tant que Club. Ce sentiment nous incline à déplorer le manque d’espaces forestiers dont l’utilité n’est plus à démontrer dans un grand pays comme le notre, d’autant que nos concitoyens ressentent, de plus en plus, la nécessité d’aller chercher leur bol d’air, là où il se trouve, quitte à faire de longs déplacements.

La relation de l’Association BAC avec la forêt. 

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Pour les citadins que nous sommes, quoi de plus banal que de dire que parmi les sites de la région algéroise, les forêts de Baïnem et de Bouchaoui constituent deux immenses réservoirs d’air pur, grâce auxquels, nous pouvons oxygéner, de temps en temps, nos poumons et ceux de nos enfants. S’il fallait avoir une préférence entre les deux, d’aucuns choisiraient la première pour son abondante végétation et le surplombement d’un merveilleux paysage, formé en grande partie d’une  mer, généreuse, constamment disposée à s’offrir en exhibant, sans pudeur aucune, ses ondoiements placides aux esprits rêveurs qui, face à une telle splendeur, se complaisent, souvent, à se perdre dans leurs profondes méditations.

Pour notre part, et en dépit de cette beauté qui ferait le bonheur des artistes peintres ou de poètes en quête d’inspiration, nous avons opté pour Bouchaoui. L’esprit romantique n’étant pas notre principale préoccupation, ce choix est simplement, motivé par la configuration du terrain qui convient parfaitemnt aux activités sportives pratiquées par notre groupe et l’accessibilité directe à partir de l’autoroute. Nous l’avons choisi, aussi, par sentiment de gratitude pour l’hospitalité qu’elle nous a offert même pendant les moments les plus difficiles de la vie du Club; nous estimons donc lui être redevable d’une dette, que nous serions bien heureux de rembourser en lui offrant, à notre tour, notre protection.

Pour ce faire, nous envisageons d’installer le siège de notre association sur le site même de la forêt en vue de contribuer à sa sauvegarde, grâce à une présence qui sera, alors, quasi permanente. Très favorable à notre initiative, le Directeur Général des Forêts avec lequel nous sommes en contact, a promit de nous octroyer, dans un proche avenir, une portion de terrain qui nous permettrait de réaliser cette installation. Le fait d’être constamment sur le site nous donnera la possibilité, de mener en collaboration avec les gardes forestiers, un travail de sensibilisation envers les  adultes qui fréquentent régulièrement la forêt, en vue de leur faire prendre conscience de la gravité des dégradations subi, quotidiennement à notre environnement, et qui ne sont imputables le plus souvent qu’à des comportements irréfléchis.D’autres actions seront, également, entreprises vis-à-vis des enfants pour leur inculquer l’amour de la nature et le respect de leur patrimoine forestier.

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La menace qui pèse sur cette forêt n’est pas, du tout, une vue de l’esprit puisque des opportunistes se sont déjà accaparés de ses abords immédiats sans qu’aucune force n’ait pu les empêcher de faire disparaître des arbres séculaires pour ériger à leur place de méchantes carcasses en béton, éternellement, inachevées…; il ne serait donc, pas impossible qu’ils soient toujours à l’affût de la moindre occasion pour s’emparer du reste. Nous appréhendons par conséquent, sérieusement, la disparition de cette forêt qui, si elle venait à se concrétiser, non seulement, représenterait pour les membres de notre association, un véritable drame moral, mais provoquerait un désastre écologique pour la nature et les habitants de la Wilaya d’Alger.

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Cette forêt nous a prodigué tellement de plaisir que lorsque  la question de la dénomination de notre association s’était posée, nous n’avons pas hésité d’adopter, à titre de reconnaissance, d’adopter le nom de Bouchaoui.

Durant la période coloniale cette forêt faisait partie intégrante de l’immense domaine agricole de la Trappe. Ce domaine qui s’étendait sur une zone de plus de 1200 hectares, faisait la fierté de Lucien et Henri Borgeaud, figures emblématiques de la colonisation française, bien qu’ils fussent suisses d’origine et protestants de confession. La forêt  dont les limites de son étendu allaient bien au-delà de celles qui existent aujourd’hui, servait, surtout, de terrain de chasse à courre, pour les moments de délassement et de divertissement de ses propriétaires.

Quant à l’appellation : La Trappe de Staouéli, le domaine la tenait de la présence d’une communauté de religieux de l’ordre trappiste qui installa son  premier couvent, le 15 septembre 1843, sous la direction de Dom François Régis. Ces moines trappistes réussirent à créer, à partir d’un terrain marécageux, un domaine agricole dont les produits faisaient l’admiration des colons. En 1905, soit, après un demi siècle de présence, les trappistes furent, en vertu d’une loi qui supprima les biens séculiers, dépossédés de leurs terres, au profit de la famille Borgeaud qui elle-même dut, en 1963, restituer à l’Etat algérien, redevenu souverain,  en subissant la nationalisation, décrétée par le Président BEN BELLA.

La naissance du Club dans un contexte difficile.

Tout a commencé il y a de cela un peu plus d’une décennie ; c’était un jour de  l’année 1995, un après-midi, timidement printanier, obscurci de nuages et flagellé par un vent glacé appartenant à un hiver qui, désirant prolonger son règne, refusait d’abdiquer  sans tonner ses ultimes colères. C’était le jour, où Nasser FERAG, un féru  de la course à pied fit la  découverte de la forêt de Bouchaoui qu’il ne connaissait que de réputation. Il ne fut point déçu, bien au contraire, l’endroit le séduisit immédiatement par la salubrité généreuse de son environnement et la configuration variée de ses parcours. Et, bien que ce fût la période où la fréquentation des forêts n’était nullement recommandée, en raison de l’insécurité, Bouchaoui sera désormais, son lieu de prédilection  pour s’adonner pleinement à sa passion.

Coureur de fond, racé, Nasser FERAG qui deviendra, plus tard, notre  directeur technique, se distingue par un comportement fougueux et pétulant ; c’est un homme entier qui agit, toujours, par conviction. Son tempérament se repérant au premier coup d’œil, il ne laisse personne indifférent. L’individualisme et l’égoïsme n’ayant pas de place chez lui, il est toujours animé par des sentiments qui le portent au dévouement spontané pour son prochain.

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Astreint par son caractère à la sociabilité, il ne pouvait  s’accommoder d’une activité sportive dans cette forêt en solitaire. Pour contourner cet embarras, il décida de mettre dans la confidence quelques amateurs qu’il savait, eux aussi, atteints  du  virus de la course à pied ; il arriva, sans trop de difficultés, à les  convaincre de l’avantage qu’il y avait  à s’entraîner en groupe,  pour être plusieurs à tirer profit de cet endroit fabuleux et assez nombreux  pour affronter,  ensemble, un quelconque danger. Autour de lui, se forma donc une petite équipe dont les membres  adoptèrent,  définitivement, la forêt de Bouchaoui  pour la pratique de leur sport favori ; ce sont les véritables précurseurs de l’Association BAC.

LE SPORT AU QUOTIDIEN DU 19 MAI 2002

 

JOURNAL COMPETITION DU 23 MAI 2002

 

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 A la recherche d’une atmosphère,la moins irrespirable!

Après une décennie où les forêts étaient plus fréquentées pour des raisons sécuritaires, les familles algéroises commençaient à être tentées par des sorties en plein air. Pour décompresser de l’astreignante vie urbaine et ses quotidiennes vicissitudes, elles n’avaient  d’autres choix que de camper, avec beaucoup d’appréhension, à la sortie ouest de leur ville, sur le  double versant de la vallée des grands vents qui fut, pour la circonstance, converti en parc, malgré sa nudité en végétation. Cette absence d’arbres se trouvait, à leurs yeux, largement compensée par le sentiment d’être couvertes par le « parapluie sécuritaire » dont bénéficiaient la capitale et ses environs immédiats.

A l’opposé, nos braves coureurs dont le nombre s’était encore renforcé, continuaient de se griser par la relation intime qu’ils avaient tissé avec les essences dont la senteur fraîche propageait, par effluves, l’odeur suave des résineux. Pour eux, il n’y avait point d’empêchement pour occuper l’endroit et continuer de fouler, intrépidement, le sol de leur forêt, dégustant chaque entraînement avec délectation, tel un plat raffiné.

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L’Algérie se remet progressivement de ses déchirements !

Le calme bien que fragile encore, mais continuant à gagner du terrainavait l’avantage de rasséréner les esprits, de susciter un soulagement général et du coup, de faire  naître le désir d’une vie de qualité meilleure sur tous les plans et notamment celui de la détente et des loisirs. A l’instar des humains, la conjoncture sécuritaire, profita, favorablement, aux bois et forêts qui souhaitaient  sortir à leur tour, de la frilosité, la sinistrose et l’isolement dans lesquels ils ont été confinés, durant une longue période.

Grâce à sa position particulière, Bouchaoui, avant toutes les autres forêts du pays,  s’empressa de s’émanciper pour recouvrer, assez rapidement, sa vocation, au grand bonheur  des amoureux de la nature et des espaces, agréablement, ombragés. Très vite, elle  redeviendra  le lieu où tout un chacun peut se ressourcer par des exercices physiques ou de faire le vide dans son esprit  en humant, simplement par bouffées, l’air filtré par l’éternelle  frondaison de ses grands arbres.

Les pique-niqueurs invétérés, profitant de la situation,  ne tardèrent pas de reprendre contact avec notre forêt pour reconquérir leur quote-part d’oxygène dans ce cadre, si plaisant, et qui, de surcroît, les éloigne des  risques d’accidents que leur faisait courir l’autoroute du « parc des grands vents ». Par la récupération de ce milieu, les algérois pouvaient enfin savourer le plaisir d’une victoire éclatante sur la terreur qui les avait longtemps, paralysé…

Depuis, une véritable marée humaine afflue, régulièrement, avec toute sa  diversité, vers la forêt de Bouchaoui, notamment, les week-end et jours fériés, et tant pis pour les lève-tard qui sont soumis à d’énormes difficultés pour trouver un petit emplacement pour garer leurs  voitures.

On a l’âge de ses artères !

Paradoxalement, même avec la présence d’une  foule aussi grouillante, il est impossible pour les habitués de ce lieu de  ne pas croiser, de temps à autre, notre  équipe  de coureurs qui a, entre-temps, renforcé considérablement sa composante  au point de devenir un groupe important au sein duquel plusieurs tranches d’âges se côtoient sans aucun complexe. Impressionnés par notre assiduité  et  la vitalité de nos éléments, de nombreux observateurs saisis d’admiration, n’hésitent pas de nous exprimer leurs encouragements en attendant de faire le premier pas pour nous rejoindre.

Il est vrai que nous ne sommes nullement insensibles à ces encouragements, mais notre principal souci reste le  défi que nous nous lançons, à nous-mêmes, en vue d’améliorer, chaque fois, notre  performance, assouvissant par là- même, le  virus de la course à pied qui nous habite. Notre finalité est la recherche du  plaisir dans un cadre agréable au sein d’un groupe non moins agréable. Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, quel que soit notre âge, nous n’avons pas le sentiment d’être vieux.

Malgré quelques critiques qui nous sont parfois adressées, nous estimons en toute humilité que notre Club jouit, actuellement, d’une excellente réputation ; elle est due  essentiellement à une conduite fondée sur la propension à la bienveillance, à la valeur du comportement individuel et collectif, à l’esprit, strictement, démocratique et le respect mutuel qui prévaut entre ses éléments,  en toutes circonstances.

Ce sont, probablement, ces facteurs moraux qui  rendent notre groupe digne d’intérêt et qui favorisent les nombreuses adhésions de personnes, venant de toutes les communes d’Alger et même de celles de Blida, Tipaza et Boumerdes. Pour satisfaire notre curiosité à ce sujet, il nous arrive souvent de questionner des nouveaux adhérents, sur les raisons qui les ont poussé à se joindre à nous ; ils répondent, unanimement, avoir été attirés par l’excellent travail effectué lors des séances d’entraînement physiques et surtout par l’ambiance saine, cordiale, et chaleureuse, qui règne au sein du groupe.

Il faut pourtant reconnaître qu’il n’est pas toujours possible, pour  une nouvelle recrue, de se soumettre, d’emblée, à un effort auquel la vie de tous les jours l’avait déshabitué,  à moins de mettre toute la volonté et de faire preuve d’une grande combativité, pour s’adapter au rythme endiablé des  exercices imposés par notre  responsable technique. A l’inverse, même s’ils rechignent de temps en temps à l’ouvrage, pour faire les enfants gâtés, les anciens ne redoutent jamais l’insoutenable intensité de ce travail physique qui  nécessite pour eux aussi, beaucoup de volonté et de courage. Ces derniers, notamment ceux dont le niveau permet de se transcender chaque fois que en cas d’emballement de l’allure et même de ressortir, à l’issue de chaque entraînement, une sensation profonde de bien être. Arrivé à ce stade de sensation, on est sûr d’être irrémédiablement atteint du virus, principal responsable de l’assiduité aux entraînements et l’empressement aux efforts physiques.

Il n’y a pas de progrès sans défi. 

Nous sommes tout à fait conscients que notre comportement, en tant que membres d’une association composée, essentiellement, de vétérans, puisse paraître, sinon indécente, au moins bizarre, aux yeux de certains conformistes qui nous verraient mieux, sagement attablés autour d’un jeu de dominos ou d’une belotte,  qu’en train de gambader comme des poulains  dans les prés…

Ce qui est certain, c’est que notre attitude heurte certains préjugés, très répandus dans  notre société, mais casser les tabous, fait, également, partie de nos objectifs. Parmi ces préjugés, nous citons celui qui a tendance à confiner le sport dans un rôle de distraction puérile ou de jeu de gamins qu’un garçon algérien a toute la latitude de pratiquer, jusqu’à un certain âge qui tourne  autour de la trentaine ; l’âge de raison… Cette phase correspond, généralement, à un départ pour une nouvelle forme de vie, dominée par la « sagesse » et la « bonne conduite » qui serait consacrée à des  occupations plus sérieuses dont les plus courantes sont : la gestion de la carrière professionnelle, l’entretien de la petite famille, la fréquentation régulière et prolongée des cafés, le zapping face au petit écran, la consommation d’un paquet de cigarettes par jour et l’utilisation de la voiture pour le moindre  déplacement.

Ainsi, reléguant le maintien de la forme physique au second plan, l’algérien  se complait dans le  piège de la vie moderne qui tend à le priver de tant de bénéfiques efforts musculaires, au risque de rallier, dans un avenir plus ou moins proche, les rangs des diabétiques et autres hypertendus…

Il faut admettre, à la décharge de ceux qui, tout en étant conscients des bienfaits d’une activité sportive régulière pour leur santé, n’arrivent pas à trouver, en mettant, pourtant, la meilleure volonté du monde, le cadre organisé, leur permettant une pratique d’exercices physiques, adaptés à leur catégorie d’âge et au niveau de leurs capacités  physiques. La plupart d’entre eux,  finissent par se résigner et cesser de  lutter contre le danger de la sédentarité et de la paresse en attendant de rejoindre, eux aussi, le « clan » des malades chroniques.

Venez quand vous voudrez, vous serez toujours les bienvenus !

Dans notre environnement social, défavorable, où les tabous et la fausse pudeur nous détournent des valeurs universelles, notre association essaie de faire œuvre utile, en tant que structure sportive, en se mettant à la disposition des  personnes, appartenant à toutes les catégories d’âge qui souhaiteraient préserver, voire améliorer leur condition physique. Elles pourraient même participer à la gestion de cette association qui a cette spécificité d’être dirigée sur les plans, organisationnelle, technique, administratif et financier, par ses propres athlètes.

Notre expérience pourrait, nous le souhaitons,  faire des émules, dans la mesure où il est tout à fait possible à tout groupement de personnes, animées d’une même motivation et armées de l’indispensable volonté, de procéder à la création de  leur propre cadre où ils activeraient à leur aise. Pour notre part, nous avons vécu cette expérience comme une véritable aventure, emportés par un élan d’engouement et d’enthousiasme en ressentant parfois des moments de déception et de déconvenue mais, sans jamais pouvoir nous départir de la riche passion qui nous a, constamment, animé.  

« Un monde sans espoir est irrespirable » (Malraux). 

En effet, dès que la fréquentation de la forêt redevint une pratique courante,  l’effectif de nos sportifs connut, en un temps relativement court,  une progression significative. Les  adhésions nouvellement enregistrées eurent pour effet, la formation rapide d’un  assortiment humain, riche en nombre et en qualité. Cet apport permit au groupe d’atteindre, dès la première année du nouveau millénaire, une dimension telle, que l’idée de lui donner une existence légale s’imposa à tous. Cette trouvaille germa d’abord dans l’esprit de Salah G. Cet homme, élancé, impressionnait ses camarades par sa démarche qui ne cadrait nullement avec son âge. Docteur dans un domaine autre que celui de la médecine, il est doué d’une grande éloquence doublée de gestes expressifs de comédien ; nous avions plaisir à l’écouter et surtout à le voir parler sans jamais oser le contredire tant il savait être convaincant dans tous les sujets de discussion.

Très vite Salah G s’imposa comme élément important du groupe, alors qu’il ne l’avait rejoint que depuis peu de temps, seulement.  Sur le plan intellectuel, ses plus proches amis le tiennent pour un homme doté d’une grande intelligence. C’était, peut être, la raison pour laquelle il n’avait pas mis longtemps pour s’apercevoir que la composition du groupe comportait tous les « ingrédients » nécessaires, lui permettant d’être édifié en un club sportif digne de ce nom.

Effectivement, le groupe disposait, déjà, d’un responsable technique qui savait tout faire en matière d’animation et d’un trésorier, chargé de gérer l’argent provenant des cotisations mensuelles, que les adhérents acceptaient de régler sans aucune contrainte. Cet argent  permettait au groupe de procéder, entre autres, à des dépenses pour l’organisation des cérémonies de fin d’année au cours desquelles des récompenses sont distribuées aux éléments, les plus méritants sur le plan sportif ou fêter par des réjouissances collectives, des événements heureux, touchant, directement, certains de nos  camarades.

Pour Salah G, le contexte était propice à la création d’une structure officielle et il n’avait pas tort. Les membres étaient tous acquis, voire enthousiasmés par le projet qui devint, rapidement, le leur… Pour arriver à ce niveau de consensus, Salah G dut faire l’effort nécessaire. Il  énuméra, dans le détail, les  différents avantages que l’association allait pouvoir tirer d’un agrément octroyé par l’état. Il cita entre autres :

–  la couverture d’une assurance contre les accidents,

–  la collecte légale des cotisations,

–  le contrôle obligatoire des dépenses,

–  la possibilité d’obtenir des aides dans le cadre du sponsoring,

–  la possibilité d’obtenir un terrain au sein de la forêt etc.

Il expliqua, en outre, l’intérêt d’avoir un agrément, à savoir la possibilité d’activer dans un cadre autorisé, et de bénéficier d’une subvention de l’état. Etant conquis par le projet, la majorité du groupe adhéra à l’idée de convoquer une  assemblée générale pour désigner un bureau exécutif provisoire.

« L’expérience instruit plus sûrement que le conseil » (A.Gide).

Un vendredi matin, après l’entraînement habituel et sans que la majorité soit au courant, nous nous sommes retrouvés en pleine assemblée générale élective et avec la proposition de désigner Kamel B et Driss M en qualité, respectivement, de président   et de trésorier de ce bureau provisoire. La surprise de la plupart des membres présents était totale et a même donné lieu à des échanges passionnés, mais Salah G, l’instigateur de cette opération, put, une fois de plus, trouver les mots qui convenaient pour faire accepter ces désignations par toute l’assistance.

Malheureusement, ce Bureau ne sachant jamais comment procéder, se perdit en vaines discussions, tant et si bien que l’enthousiasme qui caractérisait notre groupe se transforma en désenchantement. Cette première étape qui devait nous mener tout droit vers l’agrément fut un lamentable ratage. Les deux nouveaux dirigeants prenaient des décisions unilatérales et brusques qui perturbaient la bonne marche des activités du groupe. Par contre, aucune des démarches nécessaires pour l’agrément de l’association ne paraissait les intéresser.

L’expérience, vécue par le groupe  dont le but était la mise en conformité de sa situation avec la réglementation, fut un véritable échec qui provoqua une  si grande déception  que personne n’osa plus parler, depuis, ni d’agrément ni d’association. Les deux dirigeants démissionnent de leurs fonctions et l’idée de créer un club était enterrée et  définitivement oubliée.

Retour salutaire à la case de départ.

Quelques membres jouissant d’un bon crédit auprès de leurs camarades, reprirent en main l’organisation en s’appuyant symboliquement sur l’autorité morale de la personne la plus âgée dont le rôle était purement consultatif. La trésorerie fut confiée à Mohamed SAFER, un véritable financier doublé d’une éducation irréprochable. Il est toujours de bonne humeur mais ce faux timide est toujours prêt à mordre quiconque s’aviserait à perturber sa comptabilité, mais sitôt le problème réglé, il reprend rapidement son large  sourire.

Ainsi, les membres du groupe  reprirent leurs habitudes d’antan, avec la différence qu’ils étaient, désormais, conscients que leurs activités ne  s’inscrivaient pas dans un cadre légal. Ce n’était pas ce qui pouvait les gêner  dans la mesure où leur programme d’entraînement physique se poursuivait d’une façon rigoureuse  sous la direction de Nasser. Il en était de même pour  les cotisations qui continuaient d’être perçus et qui  permettaient de couvrir les dépenses occasionnées par l’organisation des différents regroupements conviviaux dont la cérémonie de fin de saison au cours de laquelle, des récompenses continuaient d’être distribuées aux plus méritants. En outre, des contacts avec quelques chefs d’entreprises ont permit d’obtenir, au profit de nos sportifs, une aide se composant, généralement, de tenues de sport, tee shirts et casquettes. Il s’agit entre autres de :

l’entreprise économique : LA BELLE,

la société : ALIANE INFO,

les magasins : LE PRINTEMPS,

le levurier : PURATOS.

Les pâtisseries : MUST.

La sérénité et le climat de convivialité se réinstallaient progressivement au sein du groupe. Du changement de statut, il n’en était plus question ; c’était devenu un sujet tabou que personne n’osait  aborder pour ne pas réveiller les vielles déceptions.

Mais c’etait sans compter avec l’obstination de Krimo KETANI et sa détermination à remettre, coûte que coûte, cette affaire d’agrément sur le tapis; elle lui tenait tellement à coeur! Profitant de la cérémonie de fin de saison de l’année 2003, il réclama avec insistance l’ouverture d’un débat sur cette question. Le doyen accepta de présenter la proposition à l’assistance dont la majorité, malgré les échanges de certains, disons, passionnés de part et d’autre et  les hésitations des éternels sceptiques, consentit à mettre en place un  Comité Directeur. Il était composé de :

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KETTANI                     Krimo              Président

ZEROUALI                Hakim              Vice Président

KOUBA                     Mustapha         Vice Président

DAIMALLAH             Mohamed        Secretaire General

SAFER                       Mohamed        Trésorier

FERAG                       Nasser             Directeur Technique

TAGUET                    Mustapha         Chargé du sponsoring

            DAHIMENE               Chafik               Médical
   

L’équipe formée par Krimo K, à qui il a été confié la mission principale de gérer les activités du groupe et d’entreprendre les démarches pour obtenir son agrément en tant qu’association, s’est immédiatement mise au travail en se fixant les objectifs suivants :

  • la mise en place d’une méthode de gestion crédible qui  lui permettrait de gagner la confiance du groupe et lui faire oublier définitivement la première expérience,
  • l’établissement d’un programme annuel des activités susceptibles de satisfaire l’ensemble des membres du groupe,
  • la constitution,  du dossier de demande de l’agrément, son dépôt auprès de l’Administration et la poursuite des démarches nécessaires pour faire agréer l’Association,
  • l’organisation, dès que l’association aura obtenu son agrément, des élections, pour l’installation d’un Bureau Exécutif.

Pour réussir ces tâches, le Comité Directeur commença par l’établissement d’un programme cohérent et veilla au respect de son exécution. Ce programme comportait:

  • des activités sportives de compétitions telles que le challenge, le septathlon et le triathlon ;
  • des activités culturelles et de loisir composées de sorties récréatives,
  • des randonnées  à travers les différentes régions du pays,
  • l’organisation  de repas conviviaux.
  • la cérémonie de fin de saison avec la  distribution des récompenses,
  • et la présentation des bilans lors de l’assemblée générale ordinaire.

Parallèlement, et après que d’autres camarades aient accepté de se joindre au Président et son Comité pour compléter la liste des quinze  membres fondateurs, un dossier de demande d’agrément fut constitué selon les règles édictées par la loi puis déposé au niveau de la Wilaya d’Alger.. Il avait fallu, plus d’une année de démarches et d’interventions auprès des différents services administratifs pour réussir à franchir le premier obstacle qui était déterminant pour la suite de l’opération. C’était celui, posé par l’enquête de moralité effectuée par les services de sécurité que nous avons franchi avec succès. Ce dernier nous a permit d’obtenir un agrément provisoire, délivré par la Wilaya d’Alger. Une autre année était encore nécessaire au Ministère de la Jeunesse et des Sport pour accorder sa caution et le feu vert  à la Wilaya pour nous  délivrer l’agrément définitif.

Près de  deux ans d’effort fourni par Krimo K et son équipe ont été nécessaires pour obtenir le fameux document, tant attendu et qui  fit sortir   définitivement le  groupe d’une  activité informelle en le transformant en une association, officiellement, agréée par l’état le 29 juin 2005 sous le numéro 325.

Ayant accompli la mission pour laquelle il a été désigné et atteint l’objectif  qui lui avait été fixé, le Comté Directeur, présidé par  Krimo K, prit la décision de déposer collectivement sa démission lors de la prochaine Assemblée Générale. Cette démission avait l’avantage de permettre à l’Association de se mettre en conformité avec ses statuts en élisant, démocratiquement, son premier  Bureau Exécutif.

Le bilan moral et financier de la saison 2004/2005, présenté le 30 septembre 2005  fut adopté,  par la majorité des membres de l’Assemblée Générale et une commission de préparation et d’exécution des élections fut mise sur pied sous la présidence de Ali GHARBI, le doyen de l’Association.

Cette Commission procéda le 18 novembre 2005 à l’élection d’un nouveau de Bureau Exécutif  pour un mandat de quatre ans, valable de 2005 à 2009.

Daimallah Mohamed  Président

Zerouali Hakim            Secrétaire général

Yahiaoui Mohamed     1er vice président

Aliane Djelloul              2éme vice président

Safer Mohand              Trésorier

Fraoui Rachid                 Membre

Younsi Saida                   Membre

Ferrag  Nacer                  Technique


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